Castres et le bassin castrais ont une identité industrielle forte, marquée par la pharmacie et la chimie fine, avec un grand donneur d’ordres pharmaceutique historique autour duquel s’est constitué un tissu de sous-traitants : maintenance industrielle, ingénierie, logistique, emballage, laboratoires, nettoyage spécialisé. À Mazamet, l’ancien centre mondial du délainage s’est reconverti vers les textiles techniques, le cuir, la mécanique et la plasturgie. Ces entreprises de la Montagne Noire, souvent familiales, ont survécu à la mutation de leur bassin en se spécialisant, et leur transmission intéresse des industriels qui cherchent des compétences rares.
Albi et le nord du Tarn sont tournés vers Toulouse, à une heure par l’autoroute A68, avec des ateliers de mécanique, de chaudronnerie et de sous-traitance aéronautique qui travaillent pour la filière toulousaine, ainsi qu’une école d’ingénieurs et des entreprises de services et de numérique. Carmaux et le bassin minier reconverti ont conservé une industrie du verre, de la mécanique et des matériaux. Gaillac, entre Albi et Toulouse, est viticole, avec une appellation ancienne et un négoce qui fait vivre des entreprises de services et de transport.
Le sud et l’est du Tarn, de Lavaur à Graulhet et à Réalmont, mêlent agroalimentaire, cuir et maroquinerie, dont Graulhet reste une capitale de la mégisserie, et entreprises de BTP et de négoce qui desservent une campagne en voie de périurbanisation sous l’influence toulousaine. Sur tout le département, les entreprises de chantier, de travaux publics et de distribution profitent de la croissance résidentielle du couloir Toulouse-Albi-Castres. Ce Tarn périurbain a un marché de cession plus fluide que celui de la Montagne Noire ou du Ségala, où les acquéreurs doivent être cherchés.