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Fiscalité

Fiscalité de la cession d'entreprise : régimes et exonérations 2026

La fiscalité de la cession d'entreprise dépend de la forme de l'opération : vente de titres, cession d'un fonds ou d'une entreprise individuelle, apport à une holding et transmission familiale relèvent de régimes distincts. En 2026, la plus-value de cession de titres supporte un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a en effet porté les prélèvements sociaux à 18,6 %, et la loi de finances pour 2026 exige un réinvestissement de 70 % en apport-cession. Ce guide présente chaque dispositif, ses conditions et sa base légale au Code général des impôts, avec un tableau récapitulatif.

La fiscalité de la cession d'entreprise réunit des régimes distincts, choisis par la forme de l'opération bien plus que par la volonté du cédant. Vendre les titres d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés, céder un fonds de commerce, transmettre à un enfant ou apporter ses titres à une holding avant la vente relèvent de quatre corps de règles séparés, avec leurs conditions, leurs délais et leurs pièges propres.

Plusieurs paramètres ont bougé en 2026 : le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 %, l'apport-cession exige un réinvestissement de 70 %, le pacte Dutreil allonge l'engagement individuel de conservation à six ans. Cette page recense les dispositifs applicables, leurs conditions et leur base légale au Code général des impôts.

Fiscalité de la cession d'entreprise : les trois paramètres qui fixent le régime

Le régime applicable dépend de trois éléments : l'objet cédé, la qualité du cédant et le caractère onéreux ou gratuit du transfert. Ces trois variables se combinent avant toute réflexion sur l'optimisation, puisqu'elles déterminent le texte de référence.

L'objet cédé sépare deux mondes. La vente de titres met en jeu le patrimoine privé de l'associé et relève des plus-values sur valeurs mobilières. La vente d'un fonds de commerce, d'une clientèle ou d'une branche complète d'activité met en jeu l'actif professionnel et relève des plus-values professionnelles, avec des taux et des exonérations différents.

Opération Régime d'imposition du cédant Base légale
Vente des titres d'une société à l'impôt sur les sociétés par une personne physique Plus-value sur valeurs mobilières : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou barème progressif Art. 150-0 A et 200 A du CGI
Vente d'un fonds de commerce ou d'une entreprise individuelle Plus-value professionnelle à court terme et à long terme, avec exonérations spécifiques Art. 39 duodecies, 151 septies et 238 quindecies du CGI
Donation ou succession de titres d'une société opérationnelle Droits de mutation à titre gratuit, exonération partielle de 75 % sous engagements Art. 787 B du CGI
Apport des titres à une holding contrôlée avant la vente Report d'imposition de la plus-value d'apport Art. 150-0 B ter du CGI

La qualité du cédant compte tout autant. Un associé personne physique, une holding soumise à l'impôt sur les sociétés et un entrepreneur individuel supportent trois traitements différents pour une opération économiquement comparable. Le cédant non-résident relève encore d'un autre corps de règles, détaillé dans notre dossier sur la fiscalité de la cession de participation par un non-résident.

Le calendrier constitue la quatrième variable, la plus sous-estimée. Les engagements de conservation, les durées d'exercice de l'activité et les délais de départ en retraite se comptent en années, d'où l'intérêt d'une préparation fiscale de la transmission engagée tôt. La séquence complète de l'opération, du diagnostic au closing, figure dans notre guide de la cession d'entreprise.

Cession de titres : prélèvement forfaitaire unique ou barème progressif

La plus-value réalisée par un associé personne physique sur la vente de ses titres est soumise par défaut au prélèvement forfaitaire unique. Son taux global atteint 31,4 % en 2026 : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux. Le cédant peut préférer le barème progressif de l'impôt sur le revenu, sur option exercée lors de la déclaration.

L'option pour le barème vaut pour la totalité des revenus de capitaux mobiliers et des gains de cession du foyer perçus la même année. Elle emporte deux conséquences favorables : une fraction de 6,8 points de contribution sociale généralisée devient déductible du revenu global de l'année suivante, et les abattements pour durée de détention redeviennent accessibles.

Abattements pour durée de détention

Ces abattements concernent les seuls titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018. L'abattement de droit commun atteint 50 % entre deux et huit ans de détention, puis 65 % au-delà. L'abattement renforcé, réservé aux titres de PME souscrits dans les dix années suivant la création de la société, suit un barème de 50 %, 65 % puis 85 % selon les mêmes paliers de durée.

La documentation de la DGFiP consacrée aux abattements pour durée de détention rappelle deux limites utiles : ces abattements réduisent la seule base de l'impôt sur le revenu, jamais celle des prélèvements sociaux, et ils ne se cumulent pas avec l'abattement fixe de 500 000 € réservé aux dirigeants partant à la retraite.

Une option devenue réversible

La loi de finances pour 2026 a supprimé le caractère irrévocable de l'option pour le barème, pour les revenus perçus à compter de 2026. Un contribuable qui découvre après coup une option défavorable peut y renoncer dans le délai de réclamation. Pour les revenus antérieurs, l'option exercée reste définitive. La mécanique complète du calcul, étape par étape, figure dans notre page dédiée au calcul de l'impôt sur une plus-value de cession de titres.

Prélèvements sociaux et contributions sur les hauts revenus

Trois prélèvements viennent s'ajouter à l'impôt sur le revenu et pèsent sur les cessions de montant élevé. Leur cumul explique l'écart fréquent entre le taux affiché de 31,4 % et le taux réellement supporté par un dirigeant qui vend une société de plusieurs millions d'euros.

Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital atteignent 18,6 % depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 : 10,6 % de contribution sociale généralisée, 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Le taux antérieur de 17,2 % demeure pour certains revenus limitativement énumérés, notamment l'assurance-vie, les plans d'épargne-logement, les revenus fonciers et les plus-values immobilières.

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, prévue à l'article 223 sexies du Code général des impôts, frappe ensuite le revenu fiscal de référence du foyer. Son taux s'établit à 3 % puis 4 % au-delà des seuils de 250 000 € et 500 000 € pour un contribuable seul, doublés pour un couple soumis à imposition commune. Une plus-value importante fait basculer le foyer dans ces tranches pour la seule année de la cession.

La contribution différentielle sur les hauts revenus, codifiée à l'article 224, complète le dispositif. Elle garantit un taux moyen d'imposition minimal de 20 % aux foyers dépassant les mêmes seuils de revenus. Créée par la loi de finances pour 2025 pour les revenus de 2025, elle a été prorogée aux revenus de 2026 par l'article 2 de la loi de finances pour 2026. Son fonctionnement et son acompte sont détaillés dans notre suivi des mesures de la loi de finances pour 2025.

Exonérations propres à la cession d'un fonds de commerce ou d'une entreprise individuelle

Le cédant d'un actif professionnel dispose de deux régimes d'exonération que le vendeur de titres ne connaît pas. Ils reposent sur des critères différents et peuvent se cumuler avec d'autres dispositifs, sous réserve des règles de non-cumul propres à chacun.

L'article 151 septies du Code général des impôts exonère les plus-values selon le niveau de recettes, apprécié sur la moyenne des deux années civiles précédant la cession, après cinq ans d'activité au moins. L'article 238 quindecies exonère selon la valeur des éléments transmis, également après cinq ans d'activité.

Critère Article 151 septies Article 238 quindecies
Base d'appréciation Recettes annuelles moyennes des deux années précédentes Valeur des éléments transmis, hors immobilier
Exonération totale Recettes ≤ 250 000 € (ventes, hébergement) ou ≤ 90 000 € (services, professions libérales) Valeur ≤ 500 000 €
Exonération partielle Entre 250 000 € et 350 000 €, ou entre 90 000 € et 126 000 € Entre 500 000 € et 1 000 000 €, au prorata de l'écart à 1 000 000 €
Durée d'activité exigée Cinq ans Cinq ans
Portée Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux

L'exonération partielle de l'article 238 quindecies se calcule par une règle de proportion : le montant exonéré résulte du rapport entre la différence de 1 000 000 € et la valeur transmise, rapportée à 500 000 €. Une cession valorisée 750 000 € reste donc exonérée à hauteur de 50 %.

Deux limites méritent attention. Les plus-values portant sur des biens immobiliers compris dans la branche cédée restent imposables dans les conditions de droit commun. Par ailleurs, le cédant doit rester étranger au contrôle de l'entreprise cessionnaire : détenir plus de 50 % des droits de vote de la structure acheteuse écarte le bénéfice de l'article 238 quindecies. Ces régimes irriguent la plupart des petites opérations, traitées dans notre dossier sur la cession d'une TPE.

Départ à la retraite du dirigeant : abattement de 500 000 € et exonération professionnelle

Le dirigeant qui vend au moment de partir en retraite bénéficie d'un régime propre, distinct selon qu'il cède des titres de société ou une entreprise individuelle. Les deux textes partagent une logique commune : récompenser une carrière entrepreneuriale, sous des conditions de délai strictes.

Pour les titres d'une société à l'impôt sur les sociétés, l'article 150-0 D ter accorde un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value, applicable quel que soit le mode d'imposition retenu. L'article 70 de la loi de finances pour 2025 a prorogé le dispositif pour les cessions réalisées jusqu'au 31 décembre 2031 et porté l'abattement à 600 000 € pour les cessions au profit de jeunes agriculteurs bénéficiaires des aides à l'installation.

Les conditions se cumulent : cinq années de fonctions de direction effectives avant la vente, détention d'au moins 25 % des droits de vote pendant la même période, société répondant à la définition européenne de la PME, cessation de toute fonction et liquidation des droits à la retraite dans un délai de deux ans avant ou après la cession, cession de la totalité des titres détenus. L'abattement porte sur le seul impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent assis sur la plus-value avant abattement.

Pour l'entrepreneur individuel, l'article 151 septies A exonère d'impôt sur le revenu les plus-values constatées lors de la cession, sous des conditions voisines : cinq ans d'activité, cessation des fonctions et départ en retraite dans les deux ans, absence de contrôle de l'entreprise cessionnaire au-delà de 50 %. Les prélèvements sociaux demeurent dus.

Le calendrier de ces opérations, souvent contraint par la date de liquidation des droits, est développé dans notre dossier consacré à la décision de vendre son entreprise avant la retraite.

Apport-cession : report d'imposition sous condition de réinvestissement

L'apport-cession consiste à apporter ses titres à une holding contrôlée avant la vente, pour placer la plus-value d'apport en report d'imposition au titre de l'article 150-0 B ter. La holding vend ensuite les titres reçus, sans impôt immédiat sur la plus-value d'apport, et dispose du prix pour investir.

L'article 24 de la loi de finances pour 2026 a durci l'obligation de remploi. Lorsque la holding cède les titres apportés dans les trois ans de l'apport, elle doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans une activité économique éligible, dans un délai de trois ans, puis conserver les biens ou titres acquis pendant cinq ans. Le seuil précédent s'établissait à 60 % du produit dans un délai de deux ans.

Une revente par la holding après trois ans de détention maintient le report sans condition de remploi. Le report prend fin lors de la cession des titres de la holding, de leur rachat ou de leur annulation, ou du transfert du domicile fiscal hors de France.

La nuance mérite d'être posée sans détour : ce montage sert un projet d'investissement, jamais la simple volonté d'échapper à l'impôt. Un dirigeant qui souhaite consommer le prix de vente trouve dans la holding une contrainte de gestion durable, avec une trésorerie bloquée dans une structure dont les distributions ultérieures seront elles-mêmes taxées. Le choix entre remploi professionnel et réemploi patrimonial est abordé dans notre page sur les arbitrages de placement après une vente.

Transmission familiale et pacte Dutreil : 75 % de la valeur exonérée

La transmission à titre gratuit obéit à une logique distincte de la vente : elle relève des droits de mutation, calculés sur la valeur des titres transmis après abattements personnels. Le pacte Dutreil, prévu à l'article 787 B du Code général des impôts, exonère 75 % de cette valeur lorsque des engagements de conservation et de direction sont respectés.

Le schéma repose sur trois engagements successifs : un engagement collectif de conservation d'au moins deux ans portant sur une fraction minimale du capital et des droits de vote, un engagement individuel pris par chaque bénéficiaire à compter de la transmission, et l'exercice d'une fonction de direction pendant trois ans au moins.

L'article 8 de la loi de finances pour 2026 a modifié deux paramètres pour les transmissions intervenues depuis le 21 février 2026. L'engagement individuel de conservation passe de quatre à six ans. Les biens non affectés de manière exclusive à l'activité professionnelle, notamment les logements privés, les œuvres d'art, les véhicules de tourisme et les bijoux, sortent de l'assiette exonérée. Ces changements sont commentés au Bulletin officiel des finances publiques.

Les conditions d'éligibilité, notamment pour les holdings animatrices, sont détaillées dans notre dossier sur le pacte Dutreil, et la lecture des nouveautés 2026 dans notre page sur la transmission d'entreprise sous pacte Dutreil en 2026.

Droits d'enregistrement et étalement du paiement de l'impôt

Les droits d'enregistrement, dus par l'acquéreur sauf clause contraire de l'acte, vont de 0,1 % à 5 % selon l'objet cédé, et le vendeur peut étaler le paiement de son impôt. Leur montant reste modeste sur les actions et devient significatif sur les parts sociales et les fonds de commerce, au point d'orienter parfois le choix de la forme juridique de l'opération.

Objet de la cession Droits dus par l'acquéreur
Actions de SAS ou de SA 0,1 % du prix
Parts sociales de SARL ou d'EURL 3 % après un abattement de 23 000 € proratisé selon la fraction des parts cédées
Titres de société à prépondérance immobilière 5 % du prix
Fonds de commerce Barème par tranches : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % jusqu'à 200 000 €, 5 % au-delà

Du côté du vendeur, l'article 1681 F du Code général des impôts autorise un étalement du paiement de l'impôt lorsque le prix est réglé à terme. Le dispositif vise les cessions majoritaires de droits sociaux d'entreprises de moins de 50 salariés, dont le total de bilan ou le chiffre d'affaires reste inférieur ou égal à 10 millions d'euros, à condition que le cédant perde le contrôle de la société.

L'étalement suit le calendrier de paiement du prix et s'arrête au 31 décembre de la cinquième année suivant la cession. Le cédant constitue des garanties auprès du comptable public. Ce mécanisme prend tout son intérêt dans les opérations financées par un crédit vendeur, où l'impôt serait autrement exigible avant l'encaissement du prix.

Récapitulatif des dispositifs de la fiscalité de la cession d'entreprise

La fiscalité de la cession d'entreprise combine neuf dispositifs principaux, du prélèvement forfaitaire unique au pacte Dutreil, résumés ci-dessous avec leur condition principale et leur référence. Ce tableau sert de grille de lecture rapide, avant l'examen individuel de chaque situation avec un conseil fiscal.

Dispositif Effet Condition principale Référence
Prélèvement forfaitaire unique Taux global de 31,4 % sur la plus-value Régime par défaut pour les titres Art. 200 A du CGI
Option pour le barème progressif Abattements de durée et CSG déductible de 6,8 points Titres acquis avant 2018 pour les abattements Art. 150-0 D du CGI
Abattement fixe pour départ à la retraite 500 000 € déduits de la plus-value Cinq ans de direction, retraite dans les deux ans Art. 150-0 D ter du CGI
Exonération des petites entreprises Exonération totale ou partielle Recettes sous 250 000 € ou 90 000 € Art. 151 septies du CGI
Exonération selon la valeur transmise Exonération totale ou partielle Valeur transmise sous 500 000 € ou 1 000 000 € Art. 238 quindecies du CGI
Exonération de départ en retraite du professionnel Plus-values professionnelles exonérées d'impôt sur le revenu Cinq ans d'activité, retraite dans les deux ans Art. 151 septies A du CGI
Report d'imposition en apport-cession Plus-value d'apport reportée Remploi de 70 % en cas de revente sous trois ans Art. 150-0 B ter du CGI
Exonération Dutreil 75 % de la valeur transmise exonérée de droits Engagements de conservation et de direction Art. 787 B du CGI
Étalement du paiement de l'impôt Paiement fractionné sur cinq ans au plus Cession majoritaire, entreprise de moins de 50 salariés Art. 1681 F du CGI

Une limite mérite d'être assumée : ces régimes se combinent mal entre eux. L'abattement retraite exclut les abattements proportionnels de durée, le report d'apport-cession fige le produit dans une structure de long terme, et les exonérations professionnelles supposent une absence de lien capitalistique avec l'acquéreur. Chaque dispositif retenu en ferme donc un autre, arbitrage qui se prépare avec un avocat fiscaliste et un expert-comptable, sur la base de la valorisation attendue et du projet personnel du dirigeant.

Les opérations les plus courantes combinent deux ou trois leviers seulement, rarement davantage. Pour situer votre propre schéma avant de saisir vos conseils, vous pouvez présenter votre projet à votre agent M&A lors d'un échange confidentiel. Les autres analyses fiscales du site sont regroupées dans la rubrique fiscalité de la transmission.

Questions fréquentes

Combien coûte fiscalement la vente d'une société à l'impôt sur les sociétés ?
Le cédant personne physique supporte un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur la plus-value nette, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les contribuables aux revenus élevés ajoutent la contribution exceptionnelle de 3 % ou 4 % et, le cas échéant, la contribution différentielle qui porte leur taux moyen à 20 % minimum. Des abattements et exonérations réduisent cette charge selon la situation du cédant.
Vaut-il mieux vendre les titres ou le fonds de commerce ?
La réponse dépend de la structure. Un entrepreneur individuel cède nécessairement son fonds et relève des plus-values professionnelles, avec deux régimes d'exonération favorables aux petites entreprises. Un associé de société choisit entre vendre ses titres, opération taxée chez lui, et faire vendre le fonds par la société, opération taxée d'abord à l'impôt sur les sociétés puis lors de la distribution du prix. Les acquéreurs, eux, préfèrent souvent le fonds pour écarter le passif.
Les prélèvements sociaux s'appliquent-ils aux plus-values exonérées d'impôt ?
Cela dépend du dispositif. L'abattement fixe de 500 000 € pour départ à la retraite porte sur l'impôt sur le revenu seul : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent calculés sur la plus-value avant abattement. À l'inverse, les exonérations de plus-values professionnelles des articles 151 septies et 238 quindecies écartent également les prélèvements sociaux, puisque le gain lui-même cesse d'être imposable.
Faut-il créer une holding avant de vendre son entreprise ?
L'apport de titres à une holding contrôlée avant la vente place la plus-value en report d'imposition, prévu à l'article 150-0 B ter du Code général des impôts. Le montage sert un projet de réinvestissement professionnel, puisque la holding doit réemployer au moins 70 % du prix dans une activité économique si elle revend dans les trois ans. Un dirigeant qui souhaite disposer librement du prix trouve peu d'intérêt à cette structure.
Combien de temps faut-il pour préparer la fiscalité d'une transmission ?
Les engagements les plus structurants se prennent en amont : deux ans au moins pour un engagement collectif Dutreil, cinq ans d'exercice de l'activité pour les exonérations professionnelles, cinq ans de fonctions de direction pour l'abattement retraite. Un dirigeant qui ouvre le sujet deux à trois ans avant la vente conserve donc l'ensemble des options. Une décision prise le mois du closing ferme la plupart des dispositifs.
Qui paie les droits d'enregistrement sur la cession ?
L'acquéreur les acquitte en pratique, sauf clause contraire de l'acte. Le taux dépend du support cédé : 0,1 % sur les actions de SAS ou de SA, 3 % sur les parts sociales de SARL après un abattement de 23 000 € réparti au prorata des parts vendues, 5 % pour une société à prépondérance immobilière. La vente d'un fonds de commerce suit un barème par tranches de 0 %, 3 % puis 5 %.

Sources

  1. Article 200 A du Code général des impôts (prélèvement forfaitaire unique)Légifrance, 21 février 2026
  2. Article 150-0 D ter du Code général des impôts (abattement fixe pour départ à la retraite)Légifrance, 21 février 2026
  3. Article 238 quindecies du Code général des impôts (cession d'une entreprise individuelle ou d'une branche complète)Légifrance, 16 février 2025
  4. Article 150-0 B ter du Code général des impôts (apport-cession)Légifrance, 21 février 2026
  5. Article 1681 F du Code général des impôts (étalement du paiement de l'impôt)Légifrance, 1 janvier 2019
  6. Comment bénéficier de l'exonération des plus-values réservée aux petites entreprises en cas de cession ?impots.gouv.fr (DGFiP), 2026
  7. Dirigeant de société, je cède mes parts pour partir en retraite : puis-je bénéficier d'un avantage particulier ?impots.gouv.fr (DGFiP), 2026
  8. Je cède mon entreprise individuelle pour partir en retraite : devrai-je payer un impôt sur la plus-value ?impots.gouv.fr (DGFiP), 2026
  9. Dispositif Dutreil : exclusion de certains biens et allongement de l'engagement individuel de conservation (loi de finances pour 2026, art. 8)BOFiP-Impôts, 10 août 2026
  10. Prolongation du dispositif d'abattement dont bénéficient les dirigeants de PME partant à la retraiteEntreprendre.Service-Public.fr, 11 mars 2025
  11. Création d'une contribution différentielle sur les hauts revenus (LF 2025, art. 10 ; LF 2026, art. 2)BOFiP-Impôts, 30 juin 2026

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