Dans les Hauts-de-France, la métropole lilloise offre le plus large choix d'entreprises à reprendre dans les services. Grossistes et distributeurs interentreprises, anciennes sociétés de vente à distance converties au commerce en ligne, prestataires logistiques, agences et éditeurs de logiciels installés à Roubaix, Tourcoing, Villeneuve-d'Ascq ou Lesquin composent l'essentiel de l'offre. Ces sociétés conviennent à un cadre passé par les grands groupes nordistes de la distribution ou du numérique, capable de piloter une force commerciale et des marges serrées. La concurrence entre candidats y est réelle, car holdings de reprise et investisseurs lillois regardent les mêmes dossiers.
Le littoral des Hauts-de-France propose des dossiers plus techniques. Autour du port de Dunkerque, des entreprises de tuyauterie, de levage, de maintenance et de transport servent la sidérurgie, l'énergie et les nouvelles usines de batteries ; à Calais, le transport routier et l'entreposage vivent du trafic transmanche ; à Boulogne-sur-Mer, la zone de Capécure réunit mareyeurs, ateliers de transformation et logisticiens du froid. Un ingénieur de production, un ancien responsable d'exploitation ou une holding déjà présente dans les services industriels y trouvent des sociétés dont les habilitations et les agréments forment la vraie valeur.
Entre Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, l'ancien bassin minier s'est tourné vers l'automobile, le ferroviaire, la plasturgie et les grandes plateformes logistiques. Les sous-traitants d'usinage, d'injection, de câblage ou de maintenance qui s'y vendent travaillent pour quelques usines d'assemblage et pour les constructeurs de matériel roulant. Ils intéressent un repreneur issu de l'industrie, habitué aux carnets de commandes liés à des programmes, à la négociation avec les acheteurs de grands groupes et à la conduite d'équipes vers de nouvelles technologies. Les locaux y coûtent généralement moins cher qu'autour de Lille, un avantage qui allège le montage.
La partie picarde des Hauts-de-France, de l'Aisne à la Somme et à l'Oise, présente un autre profil de reprise. Sur les plateaux céréaliers et betteraviers, des PME de mécanique agricole, de transport de vrac, de maintenance de sucreries ou de conditionnement de légumes accompagnent l'agro-industrie. Le Vimeu garde ses robinetiers et serruriers, le bassin d'Albert ses sous-traitants aéronautiques, la vallée de l'Oise sa chimie et sa cosmétique. Ces dossiers, moins disputés qu'à Lille, conviennent à un repreneur prêt à vivre à Amiens, Beauvais, Compiègne ou Saint-Quentin, parfois en venant d'Île-de-France.