L’Alsace concentre une industrie de transformation dense entre Strasbourg, Haguenau, Sélestat, Colmar et Mulhouse : équipementiers automobiles et mécaniciens du Sud-Alsace, brasseries et agroalimentaire du Nord-Alsace, chimie et pharmacie dans l’Eurométropole, textile technique et impression dans la vallée de la Thur. Le port de Strasbourg, l’un des principaux ports fluviaux français, et l’aéroport binational de Bâle-Mulhouse ouvrent ces entreprises sur l’Allemagne et la Suisse, tandis que le Rhin structure une logistique de vracs et de conteneurs. Les PME de sous-traitance et de négoce alsaciennes travaillent souvent avec des donneurs d’ordres allemands.
La Lorraine a reconverti son passé sidérurgique en un tissu de métallurgie, de mécanique, de traitement des métaux et de logistique le long du sillon Nancy-Metz-Thionville et de l’A31. Vers Longwy et Thionville, la frontière luxembourgeoise a créé un bassin où une part importante des actifs traverse chaque jour la frontière, un phénomène qui tend le marché du travail pour les PME locales. Les Vosges, d’Épinal à Saint-Dié et Gérardmer, gardent une filière bois et papier, une industrie textile et des entreprises de mécanique de vallée. Épinal et Remiremont concentrent une partie de cette activité industrielle.
La Champagne-Ardenne associe deux économies : au sud, le champagne autour de Reims et d’Épernay, avec ses fournisseurs de bouteilles, de bouchons, de tirage, de machines et de logistique, et une agriculture de grandes cultures sur la plaine crayeuse qui alimente sucreries, féculeries et industries de la luzerne ; au nord, les Ardennes de Charleville-Mézières et de Sedan, terre de fonderie, de forge et d’estampage, tournées vers la Belgique. Troyes, héritière de la bonneterie, s’est reconvertie vers la logistique et la distribution le long de l’A5 et de l’A26, et Chaumont conserve une industrie de mécanique et de matériel médical.
Le Grand Est est traversé par des axes qui comptent pour ses PME de transport et de négoce technique : l’A4 entre Paris et Strasbourg, l’A31 vers le Luxembourg, l’A35 le long du Rhin, l’A5 et l’A26 en Champagne, et les lignes à grande vitesse qui placent Reims, Nancy, Metz et Strasbourg à courte distance de Paris. Cette position entre le Bassin parisien et les économies allemande, luxembourgeoise, belge et suisse a fait naître des transporteurs, des transitaires et des négociants industriels qui vivent de ces flux. Leur transmission attire des groupes de logistique européens autant que des dirigeants régionaux.