Les entreprises corses structurées se concentrent dans deux bassins : celui d’Ajaccio, avec le port, l’aéroport de Campo dell’Oro et les zones d’activités de Baleone et de Mezzavia, et celui de Bastia, avec le port de commerce, l’aéroport de Poretta et la plaine de la Marana. Dans ces zones se sont installés les négociants en matériaux, les distributeurs de boissons, de produits alimentaires et d’équipements, les transporteurs et les entreprises de BTP qui approvisionnent toute l’île. Ce sont ces PME de vingt à quatre-vingts salariés, souvent familiales, qui constituent l’essentiel des dossiers de cession de la région.
Le BTP corse vit de la construction résidentielle et touristique, de la rénovation des villages de l’intérieur et de la commande publique des collectivités. Terrassement, gros œuvre, VRD, électricité et génie climatique comptent des entreprises bien équipées, réparties entre Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio et Corte, avec des parcs de matériel qu’il faut dimensionner pour une île où la location et le service après-vente ne sont pas toujours accessibles rapidement. Les carrières, les centrales à béton et le négoce de matériaux complètent cette chaîne, particulièrement dépendante de la logistique maritime.
L’agroalimentaire corse repose sur des appellations et des indications protégées : charcuterie, fromages de brebis et de chèvre, vins de Patrimonio, d’Ajaccio ou de Figari, clémentines de la plaine orientale, huile d’olive, miel et châtaigne. Derrière ces produits se trouvent des entreprises de transformation, de conditionnement et de négoce, de la Balagne à la Castagniccia et à la plaine orientale, qui vendent sur l’île, sur le continent et à l’export. Leur valeur tient aux appellations, aux relations avec les producteurs et à des marques régionales, plus qu’à leur outil.
Le transport et la logistique jouent en Corse un rôle qu’ils n’ont nulle part ailleurs en France : tout arrive et tout repart par les ports de Bastia, Ajaccio, L’Île-Rousse, Porto-Vecchio et Propriano ou par les aéroports. Transitaires, transporteurs routiers, sociétés de manutention, entrepositaires et distributeurs B2B forment une chaîne que les groupes continentaux ne peuvent pas contourner. Les services aux entreprises et à l’hôtellerie, du nettoyage industriel à la maintenance des équipements et à la blanchisserie, complètent un tissu dont la saisonnalité est marquée par la haute saison d’avril à octobre.