Dans les Hauts-de-France, les PME qui changent de mains viennent des services lillois, de l’industrie du littoral, du bassin minier et de l’agro-industrie picarde. La métropole lilloise, de Roubaix et Tourcoing à Villeneuve-d’Ascq, en est le centre de décision : sièges de groupes de distribution et de vente à distance, sociétés de services, numérique, logistique et grands entrepôts près des échangeurs de l’A1 et de l’A25. Les anciennes villes textiles ont reconverti leurs friches. Le tissu de PME de services, de distribution B2B et de sous-traitance qui gravite autour des grands comptes régionaux fournit une part importante des cessions, avec des dossiers souvent bien tenus.
Le Dunkerquois et le littoral, de Calais à Boulogne-sur-Mer, forment un ensemble portuaire et industriel majeur : sidérurgie, énergie, chimie et logistique à Dunkerque, tunnel sous la Manche et trafic transmanche à Calais, premier port de pêche français et transformation des produits de la mer à Boulogne. Autour de ces grands sites gravitent des entreprises de maintenance industrielle, de chaudronnerie, de transport et de services portuaires, dont les habilitations et les références sur sites classés font la valeur. Les projets industriels récents dans la région dunkerquoise ont renforcé l’intérêt des acquéreurs pour ces sous-traitants.
L’ancien bassin minier, de Béthune à Lens, Douai et Valenciennes, s’est reconverti vers l’automobile, le ferroviaire, la logistique et les services, avec des équipementiers, des ateliers de mécanique et de plasturgie, et des plateformes logistiques installées sur les anciens carreaux de fosse. Le Valenciennois est un pôle ferroviaire reconnu, le Douaisis et l’Artois sont tournés vers l’automobile. La transmission de ces PME industrielles dépend de leur positionnement dans les chaînes de valeur automobile et ferroviaire, en pleine transformation, et de leur capacité à se diversifier.
La Picardie, de l’Oise à la Somme et à l’Aisne, ajoute un profil différent : agroalimentaire et agro-industrie sur les plateaux céréaliers et betteraviers, avec la transformation de la pomme de terre, le sucre et les légumes, industrie mécanique et chimique dans la vallée de l’Oise, tournée vers la région parisienne, tissu de PME de BTP et de négoce autour d’Amiens, de Beauvais, de Compiègne et de Saint-Quentin. Les entreprises picardes se transmettent souvent à des acquéreurs franciliens ou lillois, et leur position entre les deux métropoles est un argument que le dossier doit exploiter.