Trois secteurs dominent dans l’Aisne : la mécanique du Saint-Quentinois, l’agro-industrie des plateaux et de la Thiérache, et les services au vignoble champenois du sud. Le nord, autour de Saint-Quentin, de Chauny et de Tergnier, conserve une industrie mécanique, métallurgique et chimique héritée du textile et du nœud ferroviaire. Les PME d’usinage, de chaudronnerie, d’équipements industriels et de transport y travaillent pour l’agro-industrie picarde, le ferroviaire et la chimie de la vallée de l’Oise. Le chantier du canal Seine-Nord Europe alimente les travaux publics du Vermandois. Ces sociétés se transmettent avec des bâtiments anciens et des équipes fidèles mais vieillissantes.
La Thiérache, autour de Hirson, de Vervins et de Guise, et les plateaux du Laonnois et du Soissonnais forment un vaste bassin agro-industriel : sucreries, féculeries, collecte de céréales, transformation laitière dans la zone du maroilles, salaisons, conserveries et sociétés de négoce agricole. Les entreprises qui les servent, mécanique agricole, transport de vrac, maintenance d’installations, constituent une part importante des dossiers de cession de l’Aisne. Elles dépendent du calendrier des récoltes et de quelques donneurs d’ordres coopératifs, une dépendance qui structure la manière de les présenter à un acquéreur.
Le sud du département change de visage : Château-Thierry et la vallée de la Marne appartiennent à l’aire du champagne, avec ses maisons, ses coopératives, ses prestataires viticoles et ses fabricants d’équipements de cave. Soissons et Villers-Cotterêts, desservis par la RN2, vivent aussi de la proximité de l’Île-de-France : des entreprises de logistique, de second œuvre, de menuiserie industrielle et de services aux entreprises y travaillent pour des clients franciliens tout en bénéficiant de coûts axonais. Cette double appartenance, picarde et francilienne, élargit le champ des acquéreurs possibles.