Dans le Nord, les PME qui se cèdent le plus souvent sont les sociétés de services et de distribution de la métropole lilloise, puis les sous-traitants industriels et portuaires. De Lille à Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d’Ascq, le passé textile et la tradition de vente à distance ont donné naissance à des distributeurs, des sociétés de e-commerce, de logistique du dernier kilomètre, des agences et des éditeurs de logiciels, installés dans d’anciennes usines ou sur des sites comme Euratechnologies. Souvent nées d’un essaimage des grands groupes familiaux nordistes, ces sociétés aux équipes jeunes et aux clients grands comptes forment le cœur du marché de la cession dans le Nord.
Le Hainaut, de Valenciennes à Maubeuge et à Cambrai, reste industriel : automobile et équipementiers autour de Valenciennes et de Douai, ferroviaire à Crespin et dans le Valenciennois, mécanique, verre et métallurgie dans la Sambre-Avesnois, agroalimentaire dans le Cambrésis et le pays du maroilles. Les sous-traitants de rang deux et trois, ateliers d’usinage, de chaudronnerie, de traitement de surface et de logistique industrielle, se transmettent avec une question centrale : la part des contrats liés à un constructeur ou à un programme ferroviaire, et leur horizon.
Dunkerque et la Flandre maritime forment un troisième ensemble, tourné vers la mer et l’énergie : le port, la sidérurgie, la centrale, la chimie et désormais les usines de batteries attirent des entreprises de maintenance industrielle, de tuyauterie, de levage, de transport et de services portuaires. La Flandre intérieure, d’Hazebrouck à Bailleul, vit de l’agroalimentaire, de la brasserie et de la logistique le long de l’A25. Ces PME, souvent familiales, sont sollicitées par les grands chantiers du littoral et par les acquéreurs belges, dont la frontière passe à quelques kilomètres.