L’axe Seine ordonne l’économie normande. Du Havre à Rouen, ports, raffinage, pétrochimie, chimie fine et logistique se succèdent, avec un tissu de sous-traitants en maintenance industrielle, tuyauterie, transport et manutention qui vivent des terminaux et des plateformes. Le port du Havre, premier port français pour les conteneurs, et Rouen, l’un des grands ports céréaliers d’Europe, attirent des entreprises de commission de transport, d’entreposage et de services portuaires dont les cessions intéressent des groupes nationaux. Plus en amont, Elbeuf, Louviers et Val-de-Reuil accueillent pharmacie, cosmétique et mécanique, dans l’orbite de la Cosmetic Valley et à une heure de Paris.
L’ouest, autour de Caen, de Cherbourg et de la Manche, associe la construction navale de Cherbourg, le nucléaire de Flamanville et de La Hague avec leurs sous-traitants qualifiés, les énergies marines qui s’installent dans les ports, et une agroalimentaire puissante : lait et beurre d’Isigny, camembert, pont-l’évêque et livarot du pays d’Auge, légumes de la côte ouest du Cotentin, pêche et coquille à Granville et Port-en-Bessin. Caen ajoute électronique, automobile et services, et Vire, Flers ou Saint-Lô abritent une mécanique et une agroalimentaire de PME familiales bien enracinées.
L’Orne et l’Eure forment une Normandie plus rurale, d’élevage, de chevaux dans le pays d’Auge et autour du Haras du Pin, de forêts et d’industries de bourgs : mécanique à Flers et à L’Aigle, plasturgie et agroalimentaire à Alençon, Bernay ou Évreux, sous-traitance automobile et aéronautique dans l’Eure autour de la filière Normandie AeroEspace. Le lin, dont la Normandie est l’un des premiers producteurs mondiaux, alimente teillages et négoces sur le plateau de Caux et dans l’Eure. Ces entreprises de vingt à quatre-vingts salariés sont souvent propriétaires de leurs bâtiments et dirigées par des familles.
Le littoral, d’Étretat à Honfleur, de Deauville aux plages du Débarquement et jusqu’au Mont-Saint-Michel, fait vivre hébergement, restauration, BTP et services, avec une saisonnalité marquée. Dieppe, Fécamp et le pays de Caux gardent pêche, verre et petites industries, et l’éolien en mer apporte de nouveaux chantiers aux ports. Enfin, la proximité de l’Île-de-France, par l’A13 et l’A28, fait de la Normandie une région où les entreprises de transport, de logistique et de sous-traitance travaillent pour des donneurs d’ordres parisiens, un lien qui influe sur leur valeur et sur leurs acquéreurs.