L’Orne est un département d’ateliers plus que d’usines. Autour de Flers, de La Ferté-Macé et de Tinchebray, le Bocage ornais a gardé une mécanique, une plasturgie, une électrotechnique et une quincaillerie industrielle héritées de l’ancienne industrie textile, avec des PME de trente à quatre-vingts salariés qui produisent pour l’automobile, l’électroménager, le bâtiment ou l’agroéquipement. Alençon et sa périphérie ajoutent une plasturgie technique, de l’électronique et une logistique liée à l’A28, tandis que L’Aigle et la vallée de la Risle conservent une tradition d’aiguilles, d’épingles et de petite métallurgie.
L’élevage bovin et équin structure l’économie du Pays d’Auge ornais, du Perche et de la plaine d’Argentan : laiteries, abattoirs, ateliers de découpe, fabricants d’aliments du bétail, transport d’animaux et négoce de matériel agricole en dépendent. Le cheval, du haras du Pin aux élevages du Perche et du Merlerault, entretient une filière de services vétérinaires, de transport et d’équipement spécialisés. Cette agroalimentaire d’élevage travaille avec les coopératives et les groupes de l’Ouest, et ses PME sont souvent dirigées par une deuxième ou troisième génération.
Les forêts d’Écouves, de Bellême et du Perche alimentent une filière bois : scieries, charpente, construction bois, menuiserie industrielle et emballage, installées dans des zones rurales où le dirigeant est propriétaire des bâtiments et de la parcelle. Le BTP ornais travaille pour la rénovation du bâti ancien du Perche, recherché par une clientèle parisienne, et pour les collectivités des petites villes. Mortagne-au-Perche et Bellême vivent de cette double économie rurale et résidentielle, à deux heures de Paris, qui attire aussi des entreprises de services et des bureaux d’études.