Auvergne-Rhône-Alpes est une région de vallées industrielles. L’Arve pour le décolletage, l’Ange et la Plastics Vallée d’Oyonnax pour la plasturgie, le Gier et l’Ondaine pour la mécanique stéphanoise, le Grésivaudan pour la microélectronique grenobloise, la Maurienne pour l’électro-chimie, le Rhône de Lyon à Pierrelatte pour la chimie, la logistique et le nucléaire. Chacune de ces vallées a formé, sur plusieurs décennies, un tissu de sous-traitants spécialisés dont les fondateurs arrivent ensemble à l’âge de transmettre. Les dossiers de cession de la région sont d’abord ceux de ces ateliers, avec leur parc machines, leurs habilitations et leurs relations avec quelques donneurs d’ordres.
L’Auvergne apporte une autre géographie : la métropole clermontoise et son industrie du caoutchouc, Issoire pour l’aéronautique, Thiers pour la coutellerie, la Limagne céréalière, puis des départements de montagne, Cantal, Haute-Loire, Allier, où l’agroalimentaire sous AOP, le bois et le BTP dominent. Les entreprises y sont solides, souvent propriétaires de leurs murs, mais éloignées des viviers d’acquéreurs. La transmission d’une fromagerie du Cantal ou d’une plasturgie de Sainte-Sigolène ne se conduit pas comme celle d’un sous-traitant de l’est lyonnais, et la méthode doit s’adapter à cet éloignement.
Lyon et Grenoble concentrent les sièges, les services aux entreprises, le numérique et les sciences de la vie, avec des PME de conseil, de logiciels et d’ingénierie qui se valorisent sur leurs contrats récurrents et leurs équipes. La vallée du Rhône, de Vienne à Valence et Montélimar, aligne logistique, agroalimentaire et sous-traitance nucléaire le long de l’A7 et de la ligne à grande vitesse. Les deux Savoies ajoutent l’économie des stations, avec remontées mécaniques, BTP de montagne et hébergement, dont la saisonnalité impose une lecture particulière des comptes.
La région est aussi frontalière. Genève pèse sur l’Ain et la Haute-Savoie, où salaires, foncier et carrières se comparent à ceux du canton ; l’Italie, par le Fréjus et le Mont-Blanc, influence la Maurienne et le pays du Mont-Blanc. Cette diversité fait d’Auvergne-Rhône-Alpes une région où aucun dossier de cession ne ressemble à un autre : un atelier de Cluses se vend à des acquéreurs suisses et à des confrères de la vallée, une entreprise de travaux publics du Cantal à des groupes du Massif central, un éditeur de logiciels grenoblois à des industriels européens. Le bon accompagnement commence par cette lecture territoriale.