Le Cantal transforme sa propre production. Autour d’Aurillac, de Saint-Flour et de Mauriac, les laiteries, fromageries et affineurs travaillent les AOP Cantal, Salers et Bleu d’Auvergne à partir du lait des monts du Cantal et de la planèze de Saint-Flour. À côté, des entreprises d’abattage et de transformation de viande valorisent les races Salers et Aubrac. Ces PME agroalimentaires, souvent familiales, se transmettent avec des outils de production normés, des relations avec les éleveurs et des marques collectives qui protègent leur activité sans la rendre facile à déplacer.
La forêt couvre une large part du département et nourrit une filière bois : scieries, charpente, menuiserie industrielle, granulés, installées dans le Carladès, la Châtaigneraie ou sur les contreforts du Cézallier. Les entreprises de travaux publics et de BTP entretiennent des réseaux étirés sur un territoire de montagne, avec des chantiers de voirie, de réseaux d’eau et de bâtiments agricoles. Aurillac ajoute une activité de services, de négoce et une petite mécanique, ainsi qu’une tradition liée au parapluie qui reste un marqueur de la ville.
L’éloignement distingue le Cantal. L’A75 dessert Saint-Flour et le viaduc de Garabit, mais Aurillac reste à plusieurs heures de route de Clermont-Ferrand ou de Toulouse, et l’aéroport ne propose qu’une desserte limitée. Cette réalité pèse sur chaque cession : les entreprises sont rentables, peu endettées, avec des salariés fidèles, mais le successeur familial fait souvent défaut. Le dirigeant cantalien doit donc préparer sa transmission plus tôt que son homologue lyonnais, en construisant un encadrement capable de fonctionner sans lui.