En Île-de-France, les cadres issus des grands groupes se tournent d'abord vers les sociétés de services aux entreprises. Conseil, recrutement, formation, services informatiques, gestion externalisée et agences de communication se concentrent à Paris, autour de La Défense et à Boulogne-Billancourt. Ces PME possèdent peu d'actifs matériels et beaucoup de contrats récurrents ; elles conviennent à un repreneur qui sait vendre à des directions achats et animer des consultants. Revers de cette attractivité, les candidats y sont nombreux, et un projet sans expérience commerciale solide peine à convaincre les cédants.
Le bâtiment et la maintenance offrent un terrain moins disputé. De Montreuil à Vitry-sur-Seine et de Nanterre à Gennevilliers, des entreprises d'électricité, de plomberie, de génie climatique, de couverture ou de maintenance multitechnique travaillent pour les bailleurs, les syndics, les entreprises générales et les gestionnaires d'immeubles de bureaux. Un ingénieur ou un ancien directeur de travaux y trouve des sociétés structurées, avec conducteurs de travaux et dépôt, dont la valeur tient aux contrats d'entretien et à la qualité des équipes de chantier.
La grande couronne réserve les dossiers industriels. Autour de Saclay et de Courtabœuf, dans la vallée de la Seine entre Poissy et Mantes-la-Jolie, dans la vallée de l'Oise à Saint-Ouen-l'Aumône, subsistent des ateliers d'usinage, de traitement de surface, de câblage et d'électronique qui servent l'aéronautique, la défense, l'automobile ou le médical. Ces sous-traitants qualifiés conviennent à un repreneur venu de la production, des achats industriels ou de la qualité, capable de dialoguer avec des donneurs d'ordres exigeants et de maintenir des certifications.
Restent la logistique et la distribution professionnelle, portées par les plateformes de Roissy, de Sénart, d'Orly et par le marché de Rungis. Transporteurs, messagers, grossistes alimentaires, distributeurs de fournitures techniques ou de matériaux intéressent surtout des holdings déjà constituées et des dirigeants en quête de croissance externe, car ces reprises exigent un besoin en fonds de roulement conséquent et une gestion fine des flux. Les entrepôts bien placés y valent parfois autant que l'exploitation, et leur valeur oriente tout le montage.