L’Île-de-France n’est pas un marché unique mais une juxtaposition de bassins. Paris et les Hauts-de-Seine, autour de La Défense, de Boulogne-Billancourt et d’Issy-les-Moulineaux, concentrent les sociétés de conseil, les agences de communication, les éditeurs de logiciels et les prestataires des grands comptes ; leur valeur repose sur des équipes, des contrats récurrents et une clientèle de sièges sociaux. Ces entreprises de services de vingt à cent salariés forment la catégorie de PME la plus fréquemment cédée dans la région, et celle où la concurrence entre acquéreurs est la plus vive.
La petite couronne est le territoire des entreprises de bâtiment et de second œuvre. En Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et le sud des Hauts-de-Seine, les sociétés d’électricité, de plomberie, de climatisation, de peinture et de gros œuvre travaillent pour les promoteurs, les bailleurs, les entreprises générales et les chantiers du Grand Paris Express. À côté, le marché de Rungis et les ports de Gennevilliers et de Bonneuil-sur-Marne font vivre des grossistes alimentaires, des transporteurs et des logisticiens urbains dont les entrepôts sont devenus des actifs recherchés.
La grande couronne conserve une industrie que l’on oublie souvent. Les Yvelines et la vallée de la Seine autour de Poissy, Mantes-la-Jolie et Flins gardent une chaîne automobile et mécanique ; l’Essonne, de Saclay à Évry et Corbeil, associe la recherche, l’électronique, la microélectronique et l’aéronautique ; la Seine-et-Marne, de Meaux à Melun et à Sénart, accueille de grandes plateformes logistiques et une industrie de transformation ; le Val-d’Oise, autour de Roissy et de Cergy-Pontoise, concentre le fret aérien, la mécanique et la sous-traitance. Ces PME industrielles franciliennes sont souvent implantées dans des locaux qui valent autant que l’activité.
À ces bassins s’ajoutent des filières transversales propres à la capitale : sécurité et cybersécurité, événementiel et audiovisuel entre Paris, Saint-Denis et Saint-Ouen, santé et laboratoires d’analyse, formation professionnelle, restauration collective, propreté et facilities management qui servent le parc tertiaire francilien. Chacune possède ses propres acquéreurs, ses propres cycles et ses propres règles de confidentialité, et une cession en Île-de-France se prépare toujours à l’échelle de la filière et du département plutôt qu’à celle de la région.