La vallée de la Meuse, de Charleville-Mézières à Revin, Fumay et Givet, est l’un des berceaux français de la fonderie, de la forge et de l’estampage. Les PME qui s’y sont maintenues fabriquent des pièces pour l’automobile, le ferroviaire, l’énergie, le bâtiment et la robinetterie, avec un savoir-faire en matriçage et en usinage transmis d’une génération à l’autre. Elles disposent de sites industriels lourds, parfois anciens, et de compétences rares, et beaucoup de leurs dirigeants approchent de l’âge de la retraite sans successeur familial.
Sedan et sa région ont converti leur passé textile en mécanique, en sous-traitance industrielle et en logistique, à proximité de l’A34 qui relie Reims à la frontière belge. Charleville-Mézières concentre aussi des bureaux d’études, des sociétés de maintenance et des services aux entreprises industrielles. Ces activités travaillent souvent pour les grands sites de la vallée et pour des donneurs d’ordres de Reims, du nord de la France ou de Wallonie, et donnent ainsi au tissu ardennais une orientation naturellement transfrontalière.
Le sud du département, autour de Rethel, de Vouziers et de la Champagne crayeuse ardennaise, relève de l’agroalimentaire et de l’agriculture intensive : céréales, betteraves, transformation, coopératives, négoces, transporteurs. Plus au nord, la forêt des Ardennes alimente scieries et industries du bois. Le port fluvial de Givet et l’axe de la Meuse ouvrent sur la Belgique et les Pays-Bas. Ces entreprises du sud et de l’extrême nord ont des cycles et des acquéreurs distincts de ceux de la vallée métallurgique.