En Charente, beaucoup de dossiers de reprise dépendent de l'économie du cognac sans être des maisons de négoce. Chaudronniers qui fabriquent et entretiennent les alambics, cartonniers et imprimeurs du luxe, entreprises de travaux viticoles de Grande Champagne, logisticiens des eaux-de-vie et installateurs de chais sont implantés entre Jarnac, Segonzac et Châteaubernard. Ces sociétés conviennent à un repreneur issu de l'emballage, de l'industrie du luxe ou des achats industriels, capable de défendre des référencements exigeants et de suivre des clients qui exportent vers l'Amérique du Nord et l'Asie.
L'agglomération d'Angoulême offre un profil plus industriel. La construction de moteurs électriques et l'électronique de puissance y ont formé des sous-traitants en bobinage, usinage, tôlerie et automatismes, tandis que la vallée de la Touvre et les bords de la Charente gardent des ateliers de papier, de carton et de conditionnement. Pour un ingénieur ou un directeur de site, ces PME présentent un intérêt réel : un outil lourd, des équipes qualifiées et des clients industriels fidèles. Leur reprise suppose en revanche de prévoir la modernisation des machines.
Angoulême attire aussi des repreneurs d'un autre genre grâce à ses studios d'animation, ses sociétés de jeu vidéo et ses écoles de l'image, où la valeur tient aux équipes et aux contrats de production. Au nord, Ruffec et le Ruffécois, sur l'axe routier entre Poitiers et Angoulême, proposent transport, négoce agricole et mécanique ; au sud, Barbezieux mêle viticulture et bâtiment ; à l'est, Confolens et La Rochefoucauld conservent bois, élevage et fabrication de chaussons. La concurrence entre acheteurs y est modérée et la discussion avec le cédant souvent plus ouverte.