Vesoul et sa périphérie vivent avec le grand site de pièces de rechange du constructeur automobile installé sur place, qui a fait naître un réseau d'entreprises de logistique, d'emballage industriel, de transport et de maintenance. Autour, la mécanique et la sous-traitance métallique s'étendent jusqu'à Héricourt, aux portes de Montbéliard, et à Lure, où les ateliers d'usinage, de découpe et de traitement de surface travaillent pour l'automobile, l'énergie et le ferroviaire du Nord Franche-Comté. Ces PME, de vingt à cent salariés, sont souvent détenues par une famille depuis deux générations.
À l'ouest, Gray et le val de Saône ont une économie différente : agroalimentaire lié aux grandes cultures de la plaine, agroéquipement, BTP, transport fluvial et négoce agricole, avec Dijon à moins d'une heure. Au nord, Luxeuil-les-Bains, sa base aérienne et son thermalisme, puis Saint-Loup-sur-Semouse, ancien pays du meuble, et Fougerolles et son kirsch d'appellation, composent un tissu de petites industries et de services dispersés. Les Vosges saônoises et le plateau des Mille Étangs ajoutent une filière bois active, de la scierie à la construction.
La Haute-Saône se caractérise par la dispersion : pas de métropole, mais une série de bourgs industriels reliés par la RN19 et l'A36 au sud, entre Dijon, Besançon et Belfort. Chaque bassin, Vesoul, Gray, Lure, Luxeuil, Héricourt, a ses quelques entreprises structurées, généralement bien connues des voisins. Le dirigeant y est souvent à la fois propriétaire des murs, principal commercial et détenteur de la relation avec un ou deux donneurs d'ordres. La cession de ces PME doit tenir compte de cet enchevêtrement entre l'entreprise, le patrimoine et la personne.