Dans le Doubs, trois familles d'entreprises cherchent un repreneur : les ateliers de microtechnique bisontins, les sous-traitants automobiles de Montbéliard et les PME familiales du Haut-Doubs. Autour du technopôle Temis et de l'université de Besançon, capitale française des microtechniques, des dizaines de PME de décolletage, d'usinage de précision, de traitement de surface et d'assemblage servent l'horlogerie, le dispositif médical, l'aéronautique et le luxe. Beaucoup ont été fondées par un technicien devenu dirigeant et n'ont jamais changé de mains. Ces ateliers de quinze à soixante salariés sont les dossiers les plus recherchés, si le savoir-faire des régleurs se transmet.
Le Pays de Montbéliard vit au rythme du constructeur automobile de Sochaux et de ses fournisseurs. Emboutissage, plasturgie, logistique industrielle, maintenance et ingénierie forment un réseau de sous-traitants installés à Montbéliard, Audincourt, Étupes ou Voujeaucourt. La transformation vers le véhicule électrique redistribue les cartes : certaines PME voient leurs volumes baisser, d'autres décrochent de nouveaux marchés. Pour un dirigeant qui envisage de céder, le moment et la lecture du carnet de commandes comptent autant que le bilan. La proximité de Belfort et de l'Alsace ouvre aussi le champ à des acquéreurs industriels hors du bassin.
Le Haut-Doubs, de Pontarlier à Morteau, Maîche et Villers-le-Lac, combine agroalimentaire d'appellation (comté, morbier, saucisse de Morteau), horlogerie et sous-traitance pour l'industrie suisse voisine. Les fruitières, les affineurs, les salaisons et les ateliers d'usinage y vivent avec le franc suisse et le travail frontalier, qui tire les salaires vers le haut. Plus bas, la vallée du Doubs et Baume-les-Dames accueillent de la mécanique et du bois. Ces PME de montagne, souvent familiales, se transmettent avec leur foncier, leurs contrats de collecte ou de sous-traitance et une main-d'œuvre difficile à recruter.