En Meurthe-et-Moselle, la métropole de Nancy concentre les reprises de sociétés de services. Bureaux d'études, éditeurs de logiciels, sociétés informatiques, entreprises d'ingénierie et prestataires de santé travaillent pour le CHRU, l'Université de Lorraine, les collectivités et les industriels lorrains. Leur valeur tient à la fidélité de clients publics et privés et à la compétence des collaborateurs. Ces PME correspondent à un cadre du conseil, du numérique ou de la santé ; leur rachat mobilise peu d'actifs matériels, mais exige de retenir les personnes clés au moment du changement de dirigeant.
Au nord, le Pays-Haut, de Longwy à Villerupt et à Briey, et plus au sud le bassin de Pompey et Neuves-Maisons, proposent des ateliers de chaudronnerie, d'usinage, de levage et de traitement des métaux nés de la reconversion sidérurgique. Ces sociétés industrielles de taille moyenne conviennent à un ingénieur ou à un responsable de production. Elles bénéficient d'un marché luxembourgeois accessible et de donneurs d'ordres lorrains, mais demandent une vraie capacité à recruter face aux salaires pratiqués de l'autre côté de la frontière.
Entre Lunéville, Baccarat et Toul, les cessions concernent davantage le BTP, le négoce de matériaux, les transporteurs installés près des échangeurs et une agroalimentaire liée à la mirabelle et aux vins des côtes de Toul. Ces entreprises de taille modeste, souvent propriétaires de leurs locaux, conviennent à un premier projet de reprise ou à un dirigeant de PME nancéienne qui veut élargir son implantation. L'enjeu y est moins technique que commercial : garder une clientèle locale habituée à traiter directement avec le cédant, parfois depuis des décennies.