Dans le Bas-Rhin, l'Alsace du Nord propose des reprises industrielles solides. Autour de Haguenau, de Bischwiller et de Wissembourg, des sociétés d'usinage, de tôlerie fine, de plasturgie ou d'automatismes livrent l'automobile, le ferroviaire et des industriels badois. On y reprend un savoir-faire technique et des procédures qualité déjà rodées, gages d'une prise de fonctions plus facile. Ces dossiers s'adressent à un ingénieur ou à un directeur de site, qui devra toutefois compter avec l'intérêt de groupes allemands pour les mêmes cibles, à quelques kilomètres de la frontière.
À Strasbourg et dans sa couronne, les reprises portent sur des sociétés de services techniques et intellectuels : bureaux d'études du bâtiment, intégrateurs informatiques, entreprises de génie climatique, organismes de formation, prestataires des biotechnologies d'Illkirch-Graffenstaden. Ces entreprises reposent sur des contrats récurrents et des équipes diplômées, que les écoles et l'université strasbourgeoises alimentent. Elles s'adressent à un cadre du conseil, de l'ingénierie ou du numérique, capable de conserver les clients et de fidéliser des collaborateurs très sollicités par les grands employeurs de la métropole.
Le piémont des Vosges, de Molsheim à Obernai et à Barr, le Centre-Alsace autour de Sélestat et, plus au nord, le pays de Saverne offrent un autre registre : négociants et domaines de la route des vins, producteurs de crémant, entreprises de charcuterie, de biscuiterie et de boissons, sociétés de BTP de taille moyenne. Les marques régionales et la clientèle touristique y soutiennent la valeur. Ces dossiers conviennent à un repreneur issu des produits de grande consommation, du vin ou du bâtiment, prêt à entretenir la réputation locale d'une entreprise familiale.