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Les défaillances d’entreprises atteignent un nouveau sommet sur le 3ème trimestre

Par Cyril ANDRÉ

Publié le jeudi 17 octobre 2013

Les défaillances d’entreprises, un des marqueurs significatifs de la santé économique d’une nation, sont malheureusement au plus haut sur le troisième trimestre de l’année. D’après les données d’Altares, 12 790 procédures de redressement ou de liquidation judiciaire ont été prononcées par les tribunaux soit une progression de 7,5 % par rapport au troisième trimestre 2012. Fait marquant, le nombre de ces faillites est supérieur au niveau record enregistré au plus fort de la crise, lors de l’été 2009.

Aucun élément ne vient éclairer ce sombre tableau. Ainsi, parmi les différentes procédures, les liquidations judiciaires directes affichent une progression de 8,1 % à 9 062. A 3 721, les redressements judiciaires, qui fort heureusement ne se terminent pas tous par une liquidation, sont en hausse de 6,2 %. Notons également que les sauvegardes demeurent à un niveau modeste : 350 sur l’ensemble de ce troisième trimestre, en augmentation de 11,1 %. Il est dommage que ce dispositif  de prévention destiné aux entreprises qui ne sont pas encore en état de cessation de paiement demeure si peu utilisé. Il s’agit pourtant d’une procédure qui peut, potentiellement, éviter bien des redressements et des liquidations judiciaires.

« Les statistiques de défaillances sont tirées par les TPE de moins de 10 salariés qui concentrent plus de neuf défaillances sur dix. Les PME d’au moins 50 salariés ne sont épargnées ; 112 ont défailli, chiffre au plus haut depuis 2009 », souligne les experts d’Altares.

Le nombre d’emplois directs menacés par une procédure collective avoisine les 53 000, soit une progression de 5 % par rapport au troisième trimestre 2012. Par ailleurs, soulignons qu’un quart des défaillances concerne des entreprises de moins de trois ans. Plus globalement, il apparaît qu’un tiers des entreprises ne passent pas le cap des trois ans et la moitié d’entre elles dépose leur bilan avant leur cinquième anniversaire.

Le manque de cash fragilise nombre d'entreprises

Si cette sinistralité des entreprises de moins de cinq ans est généralement considérée comme étant d’ordre structurel, celle des sociétés plus âgées est bien davantage le reflet de la conjoncture. Plus de 6 000 entreprises de plus de cinq ans ont défailli sur ce troisième trimestre 2013, soit 15 % de plus que sur la même période de l’année précédente. Cela représente près d’une défaillance sur deux.

Sur ce troisième trimestre, l’ensemble des sociétés défaillantes totalisent une perte nette de 200 millions d’euros. « A la fragilité de l’exploitation, s’ajoute une faiblesse des structures bilancielles bien antérieur à ce troisième trimestre. Le taux moyen de capitaux propre est de seulement 10 % portant le niveau de l’endettement moyen à 88 % du total bilan », précise Altares.

Les services aux particuliers enregistrent une des plus fortes hausses du nombre de défaillance (+ 20 %). Les autres services à la personne sont particulièrement affectés avec une progression de 33 %. Avec 1 185 procédures de redressement judiciaire ou de liquidation directe, le secteur de la restauration concentre près d’une défaillance sur dix. La construction enregistre 3 600 défaillances, soit une progression de 5 %, dont l’essentiel concerne des entreprises du second œuvre du bâtiment.

« Outre leur manque de fonds propres, les sociétés défaillantes ce trimestre se caractérisent pour beaucoup par une exploitation très gourmande en cash. Le poste client, c’est-à-dire l’argent « dehors », représente 30 % du total de l’actif. Les sociétés doivent alors trouver du financement pour compenser ce chiffre d’affaire pas encore rentré. Les préteurs financiers sont sollicités mais ce recours, lorsqu’il aboutit, génère une charge financière. Le « refuge » fournisseur est donc privilégié (…), la question du manque de cash reste en suspens », analyse Thierry Million, responsable des études Altares.

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