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Private equity et family office : la place du non-coté en 2026

Le private equity occupe la première place dans l'allocation des family offices français, devant les actions cotées et l'immobilier. Selon le 11e baromètre AFFO-EY publié le 25 juin 2026, il représente 34 % des actifs gérés en 2025, dont 20 % via des fonds et 14 % en investissement direct. Vous trouverez ici les chiffres publics de 2026, les raisons avancées par les familles, les risques décrits par l'AMF et le cadre du réinvestissement après une cession, dont l'apport-cession, à titre d'information générale et sans recommandation personnalisée.

Le private equity occupe la première place dans les allocations des family offices français : 34 % des actifs gérés en 2025, devant les actions cotées et l'immobilier. Ce constat, publié le 25 juin 2026 par l'Association française du family office et EY, éclaire une question que se posent beaucoup de dirigeants après la vente de leur société.

Le capital-investissement attire les patrimoines familiaux pour trois raisons : un horizon long compatible avec la logique de transmission, une exposition directe à l'économie réelle, et une expérience entrepreneuriale réutilisable. Il comporte aussi des contraintes rarement énoncées avec la même clarté : blocage des capitaux, frais, incertitude de valorisation. Cette page réunit les données publiques disponibles en 2026 et le cadre applicable au réinvestissement après une cession. Elle délivre une information générale, sans recommandation personnalisée.

Private equity et family office : la définition des deux notions

Le private equity, ou capital-investissement, désigne la prise de participation au capital de sociétés non cotées en bourse. L'investisseur entre au capital, accompagne l'entreprise pendant plusieurs années, puis cède sa participation à un industriel, à un autre fonds ou lors d'une introduction en bourse. Le rendement provient de cette cession, non d'un coupon régulier.

Le family office est une structure dédiée à la gestion du patrimoine d'une ou plusieurs familles fortunées. Le single family office sert un seul groupe familial avec ses propres équipes. Le multi family office mutualise des moyens entre plusieurs familles. Ses missions dépassent l'allocation d'actifs : fiscalité, gouvernance familiale, philanthropie, préparation des générations suivantes.

La rencontre entre les deux tient à une affinité de temporalité. Un fonds de capital-investissement immobilise les capitaux huit à dix ans ; une famille qui raisonne en générations supporte cet horizon mieux qu'un investisseur soumis à des contraintes de liquidité trimestrielles.

Allocation des family offices en 2026 : la part du private equity

Le private equity représente 34 % de l'allocation des family offices français en 2025, dont 20 % via des fonds et 14 % en direct, selon le baromètre AFFO-EY. Ce 11e baromètre publié par l'AFFO et EY le 25 juin 2026 porte sur des family offices représentant 928 familles. Près de la moitié d'entre eux gèrent plus de 500 millions d'euros d'actifs, et un tiers dépasse le milliard d'euros.

Classe d'actifs Part de l'allocation en 2025
Private equity (dont 20 % en fonds et 14 % en direct) 34 %
Actions cotées 23 %
Immobilier d'investissement 16 %
Obligations 12 %
Liquidités 8 %
Autres actifs alternatifs 7 %

La dynamique reste orientée à la hausse : 48 % des répondants ont maintenu leurs investissements en capital-investissement et 36 % les ont augmentés. Pour 2026, 70 % anticipent une stabilité ou une progression de cette classe d'actifs.

Le ciblage est également documenté. Les PME concentrent 45 % des allocations et les entreprises de taille intermédiaire 36 %. Les stratégies privilégiées visent les phases de maturité intermédiaire, le capital-développement étant cité par 71 % des répondants et les opérations de croissance par 58 %. Les technologies arrivent en tête des secteurs recherchés, devant la santé et les sciences de la vie.

À l'échelle internationale, le Global Family Office Report publié par UBS le 28 mai 2026 interroge 307 structures réparties sur plus de trente marchés, représentant un patrimoine familial moyen de 2,7 milliards de dollars. Six family offices sur dix envisagent des modifications de leur allocation stratégique dans les douze mois, avec une orientation marquée vers les infrastructures et les thématiques technologiques.

Raisons avancées par les familles pour investir en non-coté

Les familles investissent en non-coté pour quatre raisons : un horizon long, la proximité avec l'économie productive, leur capacité d'analyse sectorielle et une décorrélation apparente avec les marchés cotés. Ces motivations reviennent dans les enquêtes et les entretiens publiés.

  • L'horizon long. Un patrimoine familial destiné à passer d'une génération à l'autre supporte l'immobilisation de capitaux sur une décennie, contrairement à un investisseur institutionnel soumis à des engagements de court terme.
  • La proximité avec l'économie productive. Beaucoup de familles fortunées tirent leur patrimoine d'une entreprise industrielle ou de services. Financer des PME prolonge cette culture d'entreprise.
  • La capacité d'analyse sectorielle. Un ancien dirigeant apporte une lecture opérationnelle d'un dossier, sur la qualité d'un carnet de commandes ou la crédibilité d'un plan industriel.
  • La décorrélation apparente avec les marchés cotés. Les valorisations du non-coté évoluent moins brutalement que les cours de bourse, effet qui tient en partie à la fréquence d'évaluation plutôt qu'à une moindre sensibilité économique réelle.

Cette dernière raison mérite une réserve. Un portefeuille de participations non cotées reste exposé au cycle économique, au coût du crédit et aux conditions de sortie. La stabilité affichée des valeurs liquidatives traduit d'abord une méthode comptable.

Performance du capital-investissement français : les repères publics

Le capital-investissement français affiche un taux de rendement interne net de 10,8 % par an depuis l'origine à fin 2025, selon la mesure annuelle de France Invest. L'édition de juin 2026, portant sur les données arrêtées à fin 2025, fait aussi ressortir 10,7 % sur un horizon de dix ans. Ces niveaux marquent un repli par rapport à l'exercice précédent, tout en restant élevés.

Trois précautions accompagnent la lecture de ces chiffres.

  1. Le taux de rendement interne se calcule sur des flux échelonnés, appels de fonds puis distributions, et ne se compare pas directement à la performance annualisée d'un indice boursier.
  2. La mesure porte sur des millésimes anciens, investis dans un environnement de taux et de valorisations différent de celui observé aujourd'hui.
  3. La dispersion entre gérants est considérable. Un fonds du dernier quartile peut restituer moins que le capital appelé, quand le premier quartile multiplie l'investissement.

Les mécanismes de création de valeur utilisés par ces fonds, notamment l'effet de levier, sont détaillés dans notre page sur le financement LBO.

Risques du private equity : illiquidité, durée, frais et valorisation

Le private equity expose à quatre risques principaux : perte en capital, illiquidité pendant la durée de vie du fonds, écart de valorisation et poids des frais. Le guide de l'Autorité des marchés financiers sur les fonds de capital investissement énonce les trois premiers, valables quel que soit le montant investi.

Le risque de perte en capital. Les perspectives de développement des sociétés financées sont incertaines ; l'investisseur peut ne pas récupérer l'intégralité de sa mise.

Le risque d'illiquidité. Les actifs détenus par le fonds ne sont pas cotés. L'AMF précise qu'il est en pratique impossible d'obtenir le rachat de ses parts pendant la durée de vie du fonds, qui peut atteindre dix ans en principe.

Le risque lié à la valorisation. La valeur des titres non cotés est estimée par référence à des transactions récentes sur des sociétés comparables. Le prix effectivement obtenu lors d'une cession ultérieure peut s'en écarter sensiblement.

S'y ajoutent les frais, à examiner poste par poste avant tout engagement : commission de souscription, frais de constitution, frais annuels de fonctionnement et de gestion, et frais indirects lorsque le fonds investit dans d'autres fonds. Sur une durée de dix ans, leur effet cumulé sur la performance nette devient significatif.

Investir en private equity après une cession : les voies possibles

Un dirigeant qui vient de céder sa société peut investir en private equity par quatre voies : investissement direct, fonds professionnels, fonds grand public ou unités de compte d'assurance-vie. Chacune comporte des seuils et des contraintes distincts.

  • L'investissement direct, seul ou au sein d'un club de dirigeants, dans une entreprise identifiée. Il suppose une capacité d'analyse, un accompagnement juridique et une acceptation du risque de concentration.
  • Les fonds professionnels de capital-investissement, réservés aux investisseurs avertis, avec des engagements de souscription élevés et des appels de fonds échelonnés.
  • Les fonds communs de placement à risques accessibles au grand public, avec des tickets plus faibles et un cadre d'information réglementé.
  • Les unités de compte non cotées logées dans un contrat d'assurance-vie, qui offrent une accessibilité supérieure et des mécanismes de liquidité propres à l'assureur, moyennant une couche de frais supplémentaire.

Le choix entre ces voies dépend du montant disponible, de l'horizon et du reste du patrimoine. La comparaison avec les autres familles de placements figure dans notre page sur les moyens de placer son argent après la vente de son entreprise.

Apport-cession et fonds de capital-investissement : le cadre du 150-0 B ter

Après un apport-cession, la souscription de parts de fonds de capital-investissement figure parmi les réinvestissements qui maintiennent le report d'imposition de l'article 150-0 B ter du CGI. Ce cadre suppose que la vente ait été précédée d'un apport des titres à une holding, la plus-value d'apport étant alors placée en report.

Si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, elle doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans un délai de trois ans, dans une activité économique. La souscription de parts de fonds de capital-investissement figure parmi les emplois admis : FCPR, fonds professionnels de capital-investissement, sociétés de libre partenariat et sociétés de capital-risque, ou véhicules européens équivalents. Ces fonds doivent respecter un quota d'investissement de 75 % dans un délai de cinq ans à compter de la signature des engagements de souscription. Les titres reçus se conservent au moins cinq ans.

Ce cadre crée une convergence entre contrainte fiscale et horizon du capital-investissement. Il impose en revanche une vigilance sur l'éligibilité du véhicule retenu et sur le respect du quota, dont le non-respect fait tomber le report. Les règles d'imposition applicables à la cession elle-même sont réunies dans le guide de la fiscalité de la cession d'entreprise, et les analyses de France Capital Transmission sur le patrimoine du dirigeant prolongent la réflexion sur le réinvestissement.

Private equity dans un patrimoine de dirigeant : les questions à poser

Avant d'ajouter du private equity à son patrimoine, un dirigeant examine avec son conseil cinq questions : part immobilisée, stratégie du fonds, historique du gérant, frais et sortie.

  1. Quelle part du patrimoine total sera immobilisée, et pendant combien d'années, en tenant compte des besoins de revenus du foyer.
  2. Quelle stratégie du fonds : capital-développement, transmission avec effet de levier, retournement, amorçage. Les profils de risque diffèrent radicalement.
  3. Quel historique du gérant sur des millésimes comparables, avec des mesures de performance nette de frais et des taux de distribution effectifs.
  4. Quels frais, sur la souscription, le fonctionnement annuel et la part de plus-value revenant à l'équipe de gestion.
  5. Quelles conditions de sortie prévues par le règlement du fonds, y compris les hypothèses de prolongation de la durée de vie.

Un dirigeant qui envisage plutôt une prise de participation directe dans une PME retrouvera les critères d'analyse d'une cible dans notre guide de la valorisation d'entreprise et dans notre fiche conseil sur la cession de PME. Les choix d'allocation relèvent, eux, d'un conseiller en gestion de patrimoine ayant une vue complète de la situation familiale et fiscale.

Questions fréquentes

Un family office, comment cela fonctionne-t-il ?
Un family office est une structure dédiée à la gestion du patrimoine d'une ou plusieurs familles. Le single family office sert une seule famille et internalise ses équipes ; le multi family office mutualise ses moyens entre plusieurs groupes familiaux. Ses missions couvrent l'allocation d'actifs, la sélection de gérants, la fiscalité, la gouvernance familiale et la transmission. Le seuil de patrimoine justifiant une telle structure se situe généralement à plusieurs dizaines de millions d'euros.
Faut-il un patrimoine important pour investir en capital-investissement ?
Les tickets d'entrée varient fortement selon le véhicule. Les fonds professionnels réservés aux investisseurs avertis exigent des engagements de plusieurs centaines de milliers d'euros. Des fonds communs de placement à risques grand public et des unités de compte logées dans un contrat d'assurance-vie abaissent ce seuil à quelques milliers d'euros. L'accessibilité d'un véhicule ne dit rien de sa pertinence pour une situation donnée.
Combien de temps l'argent reste-t-il immobilisé dans un fonds ?
La durée de vie d'un fonds de capital-investissement atteint couramment dix ans, parfois prolongée. L'Autorité des marchés financiers indique qu'il est en pratique impossible d'obtenir le rachat de ses parts pendant cette période, même après le délai fiscal de cinq ans attaché à certains avantages. Les appels de fonds s'échelonnent sur les premières années et les distributions interviennent au fil des cessions de participations.
Quelle différence entre investissement direct et investissement via un fonds ?
L'investissement direct consiste à prendre une participation au capital d'une entreprise identifiée, seul ou au sein d'un club d'investisseurs. Il donne un accès aux décisions mais concentre le risque sur un dossier. L'investissement via un fonds confie la sélection et le suivi à une société de gestion, mutualise le risque sur un portefeuille et supporte des frais de gestion. Les family offices français combinent généralement les deux approches.
Les performances passées du capital-investissement se reproduiront-elles ?
Rien ne le garantit. Les mesures publiées par France Invest portent sur des millésimes anciens, dans un environnement de taux et de valorisations différent de celui de 2026. La dispersion entre gérants reste par ailleurs considérable : l'écart entre le premier et le dernier quartile dépasse largement les écarts observés sur les marchés cotés. La sélection du gérant pèse autant que la classe d'actifs.
Un dirigeant qui vient de céder doit-il investir dans le secteur qu'il connaît ?
La tentation est fréquente et mérite d'être examinée avec un conseil. Investir dans un secteur maîtrisé apporte une capacité d'analyse réelle. Cela recrée aussi une concentration de risque, sur le même cycle économique que l'entreprise vendue. Beaucoup de structures familiales limitent donc la part consacrée aux dossiers sectoriels de conviction et diversifient le reste du portefeuille.

Sources

  1. 11e baromètre AFFO-EY des family officesAssociation française du family office et EY, 25 juin 2026
  2. Global Family Office Report 2026UBS, 28 mai 2026
  3. Performance nette des acteurs français du capital-investissement à fin 2025France Invest et EY, juin 2026
  4. Les fonds de capital investissement (FCPR, FCPI, FIP) : s'informer sur…Autorité des marchés financiers, 2026
  5. Article 150-0 B ter du Code général des impôts (apport-cession)Légifrance, 21 février 2026

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