Les RH : un facteur clé de succès dans les fusions-acquisitions

3 mars 2014

Isabelle Marie

La dimension ressource humaine n’est pas toujours traitée comme il se devrait dans une opération de fusion-acquisition. La dernière étude de la Cass Business School (Université de Londres) et du Mergers & Acquisitions Research Centre  révèle quelques éléments chiffrés qui amènent un nouvel éclairage sur cette question.

Le principal enseignement de ces travaux est que les acquéreurs qui nomment rapidement une nouvelle équipe dirigeante au sein de la cible, tout en conservant une importante partie du personnel opérationnel, obtiennent un taux de réussite plus élevé.
Il apparaît clairement que les entreprises qui ont conservé le personnel opérationnel ont un taux de réussite significatif : « Les transactions fructueuses affichent 63 % de taux de rétention du personnel opérationnel et commercial, tandis que dans le groupe des transactions ayant échoué ce même taux est de 46 % après 6 mois », assurent les auteurs de l’étude.

Ne pas focaliser que sur les chiffres

A l’inverse, le remplacement de l’équipe dirigeante est analysé comme un facteur de succès. Ainsi, parmi les entreprises ayant réussi leur opération de fusion-acquisition, seuls 38 % des présidents directeurs généraux et 19 % des directeurs financiers se trouvaient toujours en poste 6 mois après la conclusion de la transaction. Ils étaient, respectivement, 44 % et 38 % à avoir été maintenu à leurs fonctions au sein des entreprises dont l’opération de rapprochement s’est révélée être un échec.

Selon l’étude  de Cass Business School, les entreprises davantage centrées sur les ressources humaines (paramètre mesuré par l’existence d’un comité des ressources humaines au niveau du conseil d’administration), sont des acquéreurs plus efficaces. Le groupe des transactions fructueuses compte plus du double de comités des ressources humaines que l’autre groupe.  

« Une part significative des transactions ne parvient pas à générer de la valeur pour les actionnaires. Une vision plus large du processus de négociation qui rompt, avec une approche trop focalisée sur les chiffres, est donc nécessaire. Ce rapport souligne l’importance de la planification, afin d’élaborer une stratégie  d’exécution rapide et de maintenir la dimension humaine au centre du processus de transaction », souligne Scott Moeller, directeur du centre de recherche sur les fusions-acquisitions.