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Comment optimiser la période d’accompagnement ?

21 octobre 2020

 Une fois le « closing » réalisé, la période d’accompagnement va pouvoir débuter. Il s’agit d’une phase fondamentale dont peut dépendre la réussite de l’opération de reprise et la pérennité de  l’activité. Afin d’être efficace cette période d’accompagnement doit être réfléchie en amont par le cédant et le repreneur, et menée en bonne entente. Cela aura pour objectif essentiel de rassurer les salariés.

Qu’est-ce que la période d’accompagnement ?

La période d’accompagnement, qui n’est pas obligatoire, permet au cédant de rester, durant un temps donné, dans l’entreprise aux cotés du repreneur. Cela favorise une continuité dans le management, sur les aspects techniques et commerciaux, mais aussi pour les ressources humaines comme dans les relations avec les clients et les fournisseurs. C’est un passage de témoin en douceur. Au profit non seulement du repreneur, mais aussi des salariés. Un accompagnement réussi est le gage d’une reprise réussie.

Le repreneur peut-il se passer d’une période d’accompagnement ?

Dans la majeure partie des cas , les professionnels de la transmission recommandent d’effectuer une période d’accompagnement. Néanmoins il est des cas où il peut être préférable de s’en affranchir. Si le cédant vend pour raison de santé, il n’aura ni la force ni l’envie d’assurer un accompagnement durant plusieurs mois. Autre cas de figure : la vente s’est faite, certes, mais les négociations ont été conflictuelles et les relations entre le cédant et le repreneur se sont détériorées. Il vaut mieux éviter alors cette phase . Enfin, il peut aussi arriver que le cédant ne souhaite pas assurer cet accompagnement et préfère définitivement tourner la page au plus vite. Dans ces différentes situations, le repreneur pourra être accompagné, dans les deux ou trois premiers mois, par une personne connaissant bien l’entreprise.

Les conditions pour réussir la période d’accompagnement

Avant tout, afin qu’une période d’accompagnement soit fructueuse, il est fondamental de conserver de bonnes relations avec le cédant. C’est au repreneur d’être  moteur afin qu’une certaine cordialité demeure. En effet, il faut bien avoir à l’esprit que cette période n’est pas forcément très motivante pour le cédant et que, psychologiquement elle peut être mal vécu. De bonnes relations entre cédant et repreneur sont synonymes d’une période d’accompagnement souvent réussie.

Par ailleurs, il est important de clarifier que le cédant n’est plus le patron ! C’est désormais le repreneur. Ce dernier doit marquer son territoire notamment  vis-à-vis des salariés. Mais aussi vis à vis des clients et des fournisseurs. Il ne doit pas exister d’ambiguïté. Pas de direction bicéphale. Les décisions ne doivent pas être partagées. Elles sont prises par le repreneur.

Les actions prioritaires à mener durant la période

C’est du pragmatisme et de l’action. Le repreneur doit savoir profiter de cette courte période pour en apprendre le plus possible sur le mode de fonctionnement de sa nouvelle entreprise.

En présence du cédant, il va rencontrer différents acteurs gravitant autour de l’entreprise. Faire connaissance avec les principaux clients, les fournisseurs, le ou les banquiers, mais aussi les différents conseils qui peuvent travailler pour l’entreprise (expert-comptable, avocat, consultants, etc.). Par ailleurs le repreneur à intérêt de rencontrer individuellement chacun de ses salariés assez rapidement. Certains repreneurs optent pour voir les salariés en entretien individuel en présence du cédant.

Les enjeux du repreneur

Tous les dossiers importants de l’entreprise seront analysés par ce couple éphémère cédant / repreneur. Selon les secteurs d’activité, la partie informatique sera analysée avec soin. S’il s’agit d’un domaine technique, celui-ci ne devra plus avoir de secrets pour le repreneur. Il s’agit de la légitimité présente et future du repreneur par rapport à ses salariés. Il se doit de parfaitement maîtriser le mode de fonctionnement de l’entreprise. Une transition qui se déroule dans de bonnes conditions va rassurer les salariés. C’est un point essentiel malgré la déstabilisation que représente le changement de dirigeant.

Quelle durée pour la période d’accompagnement ?

Il n’existe pas de durée légale pour une période d’accompagnement. Selon différents professionnels de la transmission, une période comprise entre 2 et 4 mois semble satisfaisante. Certaines variantes existent. Durant quelques mois, le cédant n’est présent que quelques jours par semaine dans l’entreprise. Ainsi la transmission du « savoir » peut être assurée. Il n’y a pas de risques d’une direction bicéphale déstabilisante pour les salariés. Par ailleurs, il peut être convenu qu’à la suite de la période d’accompagnement, le cédant puisse être sollicité ponctuellement par le repreneur à la façon d’un consultant. Dans ce schéma la période pourra être également convenue par exemple sur 18 mois.

Contractualiser la période d’accompagnement

Malgré un vrai climat de confiance entre le cédant et le repreneur, et bien que la période d’accompagnement ait été prévue dans le protocole d’accord, il convient de contractualiser malgré tout les termes de cette phase. En effet, si quelques tensions surviennent, ou bien que le cédant ne remplit pas son rôle, le recours aux clauses du contrat pourra assainir la situation. Ce contrat pourra préciser : la durée de l’accompagnement, les conditions d’exercice (gratuit ou rémunéré), un cadre horaire, les missions à accomplir, les moyens mis à disposition du cédant (par exemple : secrétariat, frais, voiture de fonction, etc.).

La période d’accompagnement se déroule-t-elle toujours bien ?

Naturellement, on pourrait penser que puisqu’il existe un accord entre les deux parties et que la durée est limitée à quelques mois, tout va bien se passer.  C’est vrai dans la majorité des cas. Mais pas toujours ! Selon une enquête menée par les deux universitaires, Bérangère Deschamps et Robert Paturel, dans 22 % des cas, la période d’accompagnement a été écourtée par le repreneur, car celle-ci s’est révélée conflictuelle, inutile et nuisible.