Valorisation d’entreprise : repli de l’Indice Argos Mid-Market (3T14)

13 novembre 2014

Isabelle Marie

""
Sur le troisième trimestre de cette année, il apparaît que l’Indice Argos Mid-Market enregistre un repli de 8,6 à 8 fois l’Ebitda, soit une baisse de 7 %. L’indice retrouve ainsi son niveau du premier trimestre de cette année.

Rappelons que l’indice Argos Mid-Market mesure l’évolution des valorisations des sociétés mid-market non cotées de la zone euros. Cet indice correspond à la médiane sur 6 mois glissant du multiple EV / Ebitda  pour valeur d’entreprise).

La baisse sur le troisième trimestre est essentiellement due au recul des multiples payés par les acquéreurs industriels à 7,9 fois l’Ebitda, soit une baisse de 11 % par rapport au 2ème trimestre. Il s’agit de la « conséquence de la correction des marchés actions au 3ème trimestre et des perspectives négatives pesant sur la zone euro – croissance nulle, risque de déflation et incertitude géopolitiques –qui ont alimenté la défiance des investisseurs », analysent les auteurs de l’étude.

Par contre, les prix proposés par les fonds de capital-transmission sont demeuré stable, sur le 3ème trimestre 2014, à 8,4 fois l’Ebitda sur un marché qualifié de toujours très concurrentiels. En effet, les fonds disposent d’importantes réserves et bénéficient de taux historiquement bas. Par ailleurs, ce niveau de valorisation est soutenu par une concurrence forte entre les fonds et un nombre toujours limité de cibles de qualité disponibles sur le marché.

« Nous observons une dichotomie entre, d’une part, les acquéreurs industriels et principalement cotés, qui intègrent la baisse des marchés actions, et d’autre part les fonds de capital transmission  disposant d’une manne de trésorerie conséquente », souligne Gilles Mougenot, président d’Argos Soditic Partners.

Notons, qu’après plusieurs trimestres de stagnation, l’activité fusion-acquisition mid-market de la zone euro progresse de 6 % en volume et de 20 % en valeur par rapport au 2ème trimestre, portée notamment par l’augmentation de 10 % du nombre d’opérations de capital-transmission. Cette activité ne retrouve toutefois pas son niveau des années 2010 et 2011.

« La nature des cédants a également évolué depuis plusieurs années. Les filiales de groupes industriels représentent aujourd’hui 40 % du nombre de société cédées (contre 60 % au 2ème semestre 2009 ; la part des sociétés détenues par des familles ou par des fonds d’investissement est passé de 30 % au 2ème semestre 2009 à 45 % aujourd’hui. De plus, les fonds de capital-transmission ont réalisé une part croissante de sortie portefeuille par introduction en bourse », expliquent les auteurs de l’indice.

Cet indice est réalisé par Argos Soditic, groupe de capital investissement, et par Epsilon Research, bureau indépendant de recherche et d’analyse financière spécialisé sur les acquisitions d’entreprises non cotées.