Université du Medef : comment réussir sa transmission familiale ?

30 août 2013

Isabelle Marie

A l’université du Medef, qui se tient actuellement sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas, les patrons ne discutent pas exclusivement de fiscalité et d’exil à l’étranger mais ils s’intéressent aussi, et de près, à la transmission de leur entreprise.

Comme le rapporte La Tribune, une conférence débat s’est tenue sur la transmission de l’entreprise familiale. Rappelons que selon les chiffres de l’Observatoire BPCE, environ 1 800 PME sont transmises chaque année, en France, dans le cadre familial soit près de 15 % du nombre total des transmissions de PME. Ce chiffre est a minima car il ne tient pas compte des entreprises transmises aux filles des cédants lorsque ces dernières ont changé de patronyme.

Ainsi que le note La Tribune, les experts invités par le Medef ont mis en exergue l’importance de la légitimité du successeur à la tête de l’entreprise. Pour jouir d’une certaine légitimité, il faut, notamment, que la politique de dividende soit transparente et que le capital soit le plus équitablement possible réparti entre les membres de la fratrie. Ceux qui « n’héritent » pas directement de l’entreprise familial doivent être correctement dédommagés notamment par une soulte. « Pour succéder au fondateur, il faut jouir de la légitimité du capital, de la légitimité au sein de la famille, et de la légitimité de porter une histoire, une culture familiale », a ainsi pu expliquer Laurent Dassault, vice-président du Groupe Industriel Marcel Dassault.

Pour sa part, Olivier Mellerio, auteur en 2011 d’un rapport sur la transmission familiale en France et président de Mellerio International, assure qu’il est « nécessaire d’impliquer très tôt la nouvelle génération ». En effet, si le cédant n’évoque le sujet avec ses enfants qu’à la veille de sa retraite, il est fort probable que ses héritiers soient déjà bien engager dans leur vie professionnelle souvent en dehors de l’entreprise familiale. Il peut alors s’avérer difficile de leur faire changer de voie. Olivier Mellerio a également insisté sur l’importance « d’une vision actionnariale à long terme ».