Une très nette hausse des défaillances d’entreprises

10 juillet 2013

Isabelle Marie

Le léger recul de 1,8 % du nombre de défaillances d’entreprises enregistré au premier trimestre n’aura été qu’un simple répit. Sur le deuxième trimestre de l’année, la hausse du nombre de procédures est pour le moins conséquentes : + 9,4 %, par rapport à la même période de 2012. Au total, 15 008 défaillances d’entreprises ont été constatées, soit un niveau quasiment identique au triste record du deuxième trimestre 2009 (5 265).

Sur ce total d’un peu plus de 15 000 procédures, 10 296 sont des liquidations judiciaires directes, 4 327 sont des redressements judiciaires et seulement 385 sont des sauvegardes. Soulignons la forte progression de 12,4 % du nombre de liquidations judiciaires directes par rapport au deuxième trimestre 2012.Comme le note Altares, qui a réalisé l’étude, les TPE et les micro entreprises sont les plus affectées. En effet, pas moins de 5 800 entreprises sans salariés ont déposé le bilan sur ce deuxième trimestre ainsi que 4 500 micro entreprises de 1 ou 2 salariés, soit 11 % de plus qu’au printemps 2012.

Dans ce tableau bien sombre, la seule petite lueur d’espoir provient des PME de 50 salariés et plus qui sont 6 % de moins à avoir failli lors du deuxième trimestre 2013 qu’un an plus tôt.
« Aux défaillances de PME emblématiques comme GAD, Virgin Store en début d’année, ont succédé les procédures marquantes de Continentale Nutrition, Overlap et Huis Clos occultant le sort de nombreuses TPE venues grossir les rangs des dépôts de bilan du trimestre. C’est en effet bien là que se concentrent les inquiétudes les plus prononcées. Il est moins ici question de modèles économiques dépassés que d’une conjoncture instable, voire éteinte. L’atonie de la consommation des ménages pèse sur ces petites structures qui ont vite fait de se retrouver en-dessous de la ligne de flottaison. Or les nombreuses fermetures de ces TPE peuvent compromettre l’équilibre économique et social d’un bassin d’emploi et d’une territoire », analyse Thierry Million, responsable des analyses Altares.

Dans ce contexte économique difficile, Altares note qu’un quart des défaillances est consécutif à des défauts de paiement client. Thierry Millon conseille aux entrepreneurs de mettre en place un contrôle crédit précis, y compris sur les petits clients.