Une progression de 2,7 % des défaillances sur 2012 mais avec une nette hausse sur la fin de l’année

17 janvier 2013

Isabelle Marie

""Sans grande surprise, le nombre de défaillances d’entreprises a progressé sur l’ensemble de l’année 2012. L’an passé, 59 780 entreprises ont été placées en redressement judiciaire ou ont subi une liquidation judiciaire directe, soit une augmentation de 2,7 % par rapport à 2011. Le triste record de 2009 ne sera toutefois, et fort heureusement, pas battu. Plus de 62 300 entreprises avaient alors déposé le bilan. Ces données émanent de l’analyse annuelle d’Altares sur les défaillances et sauvegardes d’entreprises.

Si cette progression globale peut paraître relativement modérée, certains chiffres s’avèrent plus préoccupants. En effet, sur le seul quatrième trimestre 2012, le nombre de défaillances progresse de 12,5 %, un taux qui annonce une année 2013 difficile sur ce plan. Autre indicateur préoccupant, celui des seules liquidations judiciaires, en d’autres termes la disparition définitive de l’entreprise. Cet indicateur affiche une hausse de 1 % sur l’ensemble de l’année 2012 et une nette progression de 16,6 % sur le dernier trimestre de l’an passé.

Notons toutefois un élément que l’on peut analyser comme positif, à savoir la hausse du nombre de procédures de sauvegardes. A 1 498, elles progressent de 5,6 % en 2012 et de 16,9 % sur les trois derniers mois de l’an passé. L’ouverture d’une procédure signifie que le dirigeant de l’entreprise a tiré le signal d’alarme avant qu’il ne soit trop tard et va pouvoir bénéficier d’un certain nombre de mesures à même de sauver sa société.

Les entreprises les moins structurées ont subi une forte progression du nombre de défaillances en 2012. Les TPE de 1 à 5 salariés ont connu une augmentation de 10 % à 26 500 ouvertures de procédures collectives. Sur le dernier trimestre de l’année, la progression est de 17 %. Notons également que 482 PME de plus de 50 salariés ont connu un redressement ou une liquidation judiciaire, soit 18 % de plus qu’en 2011.

Un quart des défaillances sont liées à des retards de paiement

Le secteur de la construction concentre à lui seul 29 % des défaillances d’entreprises. A 17 000 procédures collectives, la progression est de 2,2 % sur 2012. Les défaillances dans l’immobilier connaissent une forte progression de 13 % et de pas moins de 34 % sur le dernier trimestre 2012. L’année en cours s’annonce particulièrement délicate pour ce secteur d’activité. Le commerce (gros et détail) concentre 23 % des procédures collectives mais avec une hausse limitée de 1,5 % en 2012.

« La question du financement reste au cœur des préoccupations des entreprises. L’étude trimestrielle de la Banque de France auprès des PME sur la distribution de crédit en France, relève à cet égard qu’au cours du troisième trimestre 2012, 74 % des demandes de crédits de trésorerie ont été satisfaites totalement ou partiellement (78 % au deuxième trimestre). Formulé différemment, cela signifie aussi qu’un quart des PME s’est vu refuser sa demande de prêt de trésorerie. Alternative à ce manque de cash, le crédit interentreprises est alors privilégié. En 2012, Altares observe que 19 % des PME défaillantes (> 20 salariés) payaient leurs fournisseurs avec des retards supérieurs à 30 jours. Or, ce transfert d’obtention de cash du banquier vers le fournisseur s’accompagne aussi d’un transfert du risque vers ce fournisseur. Rappelons-le, un quart des défaillances d’entreprises est lié à des retards de paiement. Ainsi donc, chaque année des milliers d’entreprises mettent la clé sous la porte, faute d’avoir été vigilantes sur les comportements de paiement de leurs clients », explique Thierry Millon, responsable des études Altares.