Une petite majorité de cédants de plus de 60 ans anticipe la transmission

27 décembre 2011

Isabelle Marie

L’étude de BPCE L’Observatoire intitulée « les nouveaux visages de la cession-transmission des PME », outre les nouvelles données chiffrées qu’elle recèle, contient d’utiles analyses sur le comportement et le positionnement du cédant potentiel sur l’acte même de la cession.
Les chiffres tirés d’une enquête réalisée par CSA, de juillet à septembre 2011, pour le compte de BPCE L’Observatoire sont assez révélateur du degré d’impréparation d’une majorité de cédants face à l’opération de transmission de leur entreprise. Concernant les chefs d’entreprise de 60 ans et plus, donc ceux qui devraient se sentir le plus préoccupés par cette problématique, seulement 36 % assurent avoir pris des mesures quant à la cession de leur PME. 18 % ont pris « en partie » des mesures et pas moins de 41 %, à qui il conviendrait d’additionner les 5 % « qui ne savent pas », n’ont « rien préparé ». Sans doute plus inquiétant encore, pour les deux tiers de ces 41 % la préparation à la transmission n’est pas une préoccupation. Parmi la population de dirigeant de PME âgés de 55 à 59 ans, la proportion de ceux qui n’ont encore rien préparé concernant la transmission atteint 55 %.

La préparation à la cession est pour les cédants une contrainte

Lors d’entretiens qualitatifs, il apparaît que pour beaucoup de cédants potentiels il importe avant tout de développer l’entreprise. L’anticipation et la préparation effective de la cession passant ainsi au second plan. « Du côté des cédants, l’accent est mis essentiellement sur les aspects d’entrepreneuriat, par opposition aux aspects strictement financiers. Leur conscience aiguë de la responsabilité économique et sociale de l’entreprise et de son dirigeant est source de fierté et d’inquiétude à la. Au moment de la cession, la pérennité de l’affaire, au sens de la perpétuation de l’œuvre d’une vie, constitue une préoccupation centrale », soulignent les auteurs de l’étude.
La préparation à la cession de leur entreprise demeure pour les cédants avant tout une contrainte. Pour 80 % d’entre eux, l’organisation de la transmission de leur entreprise représente une opération difficile à mener. Il s‘agit d’un acte jugé long et occasion nant une fatigue nerveuse ou physique, car se superposant à l’activité habituelle, avec, en filigrane, la peur de prendre les mauvaises décisions, notamment en matière de choix du repreneur. « Il s’y ajoute la crainte d’une perte de confidentialité avec ses conséquences possibles sur les partenaires de l’entreprise. D’ailleurs, parmi un choix de neuf raisons pouvant représenter un frein à une anticipation ou à une préparation de la cession, les dirigeants envisageant
une vente dans les deux ans à venir mentionnent d’abord « la crainte de perte de confidentialité » (41 % d’entre eux), suivie par « la difficulté à identifier les bons interlocuteurs et les bons conseils » (37 %), « le manque de temps » (35 %), ainsi que, dans une moindre mesure, « le prix des conseils extérieurs en matière de cession » (31 %)
», précise l’enquête de BPCE L’Observatoire.

Tout comme les repreneurs, les cédants sont favorables à un accompagnement

Tout comme les repreneurs, les cédants sont favorables à un accompagnement ciblé. Leur besoin prioritaire porte sur l’aide à la recherche d’un repreneur, et ce, en particulier pour les dirigeants de petites PME, de 10 à 19 salariés. Cette attente renvoie à deux préoccupations de grande importance pour le cédant, à savoir le souci du respect de la confidentialité et la confiance réciproque qui doit impérativement pouvoir s’établir avec le repreneur. L’autre domaine d’accompagnement souhaité par les cédants concerne les aspects fiscaux de l’opération, en clair son optimisation.