Un tiers des entreprises du BTP anticipent une hausse de leur CA sur 2011

17 novembre 2011

Isabelle Marie

Qu’ils soient déjà artisans ou qu’ils viennent d’un tout autre secteur, nombreux sont, chaque année, les candidats à la reprise dans le bâtiment, en particulier dans le second œuvre. Les repreneurs potentiels visent souvent des petites structures de quelques salariés mais nombre d’entreprises plus importantes sont à céder. Avant de se lancer dans une opération de reprise dans ce secteur, il importe de regarder quelques éléments conjoncturels.

KPMG
vient de publier la 18ème édition de son étude « Tendance et perspective du bâtiment » et, en parallèle, l’Ifop a interrogé 401 dirigeants d’entreprise du secteur de 1 à 49 salariés, ce qui permet d’avoir un bon panorama de l’activité du bâtiment et des perspectives de ce secteur.
Après une baisse significative d’activité début 2010, et deux ans après son entrée dans la crise, le secteur du bâtiment a connu les premiers signes de reprise à partir du 4ème trimestre 2010. S’il s’avère délicat de parler de croissance, il est clair qu’il y a stabilisation pour l’activité BTP, avec en 2010 des taux de croissance proches de zéro pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) et de 1 % pour celles soumises à l’impôt sur le revenu (IR).

Les repreneurs doivent regarder les nouveaux marchés

« Les dirigeants sont restés prudents même s’ils ont maintenu, voire renforcé, leur structure financière, avec des taux d’autonomie financière élevés, allant de 85 % à 91 % en 2010. Les résultats financiers relèvent plus d’une gestion prudente que d’une réelle croissance », précise Annie Chauzu, associée KPMG et responsable du réseau Entrepreneurs du Bâtiment.

Pour cette année 2011, 36 % des entreprises estiment que leur chiffre d’affaires va progresser (contre 27 % en 2010) et 34 % espèrent une amélioration de leurs résultats (contre 31 % en 2010).
La hausse du prix des matériaux, elle-même consécutive à la hausse du prix de certaines matières premières, ainsi que des prix de ventes qui demeurent tendus, pèsent significativement sur les performances des entreprises du secteur, en particulier sur les plus petites d’entre elles.

Autre signe préoccupant, seuls 15 % des chefs d’entreprise songent à investir. « On observe une frilosité ambiante, due à une vision floue de l’activité à venir mais aussi au regard des relations avec les banques, jugées encore peu à même d’octroyer les prêts nécessaires aux investissements », soulignent les auteurs de l’étude. Toujours du fit de ce manque de visibilité, seulement 23 % des dirigeants envisagent d’embaucher en 2012. Il est aussi vrai que 40 % d’entre eux pointent un manque de main d’œuvre sur le marché.
Deux marchés bénéficient d’un plus large attrait : le Bâtiment Basse Consommation (58 % y sont présents ou l’envisagent) et le développement durable ou l’habitat durable (56 %). « Ces deux nouveaux marchés répondent au Grenelle de l’environnement mais sont surtout porteurs de croissance par la demande des consommateurs et par le progrès technique induit. Ils sont aussi au cœur de leur métier », analyse Annie Chauzu.