Un taux de cession bien plus faible dans les DOM qu’en métropole

9 avril 2014

Isabelle Marie

Les DOM connaissent une vraie particularité au regard de la cession et transmission de PME. Selon l’enquête de BPCE L’Observatoire, au sein des territoires étudiés (à savoir la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion), les taux de cession apparaissent particulièrement bas. En effet, ce taux est pour les DOM étudiés et pour la moyenne des années 2011 et 2012 de 2,6 %. Alors qu’il atteint, pour la même période, 5,5 % pour la France métropolitaine. Soit plus du double. Comme le note la BPCE, si la Réunion se distingue légèrement avec un taux de 3,3 %, les trois autres territoires se situent entre 2,1 et 2,4 %.

Les experts de la BPCE n’ont pas trouvé d’explications à ce taux de cession très bas ni sectorielle, ni du fait de la taille des entreprises : « L’approche par secteur montre que les PME en outre-mer ont systématiquement un taux de cession très inférieur à la moyenne sectorielle ». L’effet taille n’apparaît pas non plus comme un facteur explicatif déterminant. Dans les DOM, le taux de cession pour les PME de 10 à 19 salariés est de 1,8 % contre 3,7 % en moyenne nationale. Pour les entreprises de plus de 20 salariés, il ressort à 4,3 % dans les DOM contre 8,1 % pour l’ensemble du pays.

Des obstacles à la cession particuliers aux DOM

« Il existe donc bien une fragilité spécifique à l’outre-mer en matière de cession-transmission des PME. Celle-ci est d’autant plus manifeste que l’âge du dirigeant est élevé », souligne la BPCE. En effet, alors que pour l’ensemble du pays, le taux de cession augmente significativement avec l’âge du dirigeant, et particulièrement après 60 ans, ce phénomène, somme toute fort logique, ne se vérifie pas dans les DOM. Ce fait est problématique car il est démontré, qu’en règle générale, une entreprise avec aux commandes un dirigeant âgé perd de sa compétitivité. Dès lors, sa cessibilité s’en trouve affectée. Ces différents facteurs se conjuguent avec un taux de disparition élevé, ce qui entraîne sur le long terme un risque d’atrophie du tissu de PME.

« Il paraît dès lors important d’identifier les causes de ces enchaînements potentiellement dangereux pour orienter l’action collective en faveur d’une sensibilisation à la reprise puis d’une dynamisation de celle-ci. Au-delà des entraves à la cession identifiées au niveau national, il semble que certains obstacles prennent une dimension particulières dans les DOM, notamment aux Antilles », soulignent les auteurs de l’étude de BPCE L’Observatoire.

Ces derniers ont identifié trois de ces facteurs. D’une part, l’importance de la dette sociale, en moyenne bien plus importante qu’en métropole, qui peut être préjudiciable à la cession ; d’autre part, une préparation financière insuffisante des chefs d’entreprise pour leur assurer un niveau de vie acceptable lors de leur retraite et, enfin, le sentiment de perte d’un statut social lié à la cessation d’activité bien plus exacerbé que dans l’ensemble du pays.