Un marché des fusions-acquisitions très dynamique dans les IT en 2013

8 avril 2014

Isabelle Marie

Après quelques années difficiles, le marché des fusions-acquisitions a retrouvé des couleurs, en France, en progressant de 49 % en 2013 pour frôler la barre des 100 milliards d’euros. Certes, il a été dopé par de très grosses opérations comme la fusion entre Publicis et Omnicom ou encore le rachat du britannique Invensys par Schneider Electric. Notons toutefois qu’au plan mondial ce marché s’est replié de 2 % et de 23 % en Europe.

Si donc, le cru 2013 s’est avéré très bon pour les fusions-acquisitions sur le marché hexagonal, il s’est révélé excellent dans le secteur des technologies de l’information (IT). Le chiffre d’affaires des acquisitions effectuées dans ce secteur au cours de l’année 2013 a bondi de 90 % à 2,1 milliards d’euros. Ces données sont issues du baromètre IT, construit par le cabinet de conseil APM, qui recense chaque année les acquisitions ciblant des entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 0,5 millions d’euros sur le marché des technologies de l’information.

« L’année 2013, qui a enregistré 126 opérations de rachat de sociétés françaises, constitue tout simplement, hors mega deal, l’année record en volume de chiffre d’affaires depuis la mise en place de ce baromètre. Elle illustre parfaitement la tendance de fond du secteur IT à la consolidation. Le mouvement se renforcera encore dans les années à venir », estime Pierre-Yves Dargaud, président d’APM.

De bonnes perspectives

Sur ce marché hexagonal des fusions-acquisitions IT, les acteurs français sont relativement bien positionnés puisque 1,38 milliard d’euros du chiffre d’affaires total des acquisitions a été réalisé par des acheteurs français, à comparer au 0,7 milliard d’euros des acheteurs étrangers.

Ce baromètre IT souligne que le chiffre d’affaires moyen des cibles acquises ressort à 16,5 millions d’euros, soit une augmentation de 59 % par rapport aux 10,4 millions d’euros de 2012. Cette moyenne masque une disparité notable au sein même du secteur : 8 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les éditeurs de logiciel et 24 millions pour les entreprises de services numériques (ESN, ex SSII). Les opérations menées par le segment du capital-transmission ne pèsent que 14 % du chiffre d’affaires total, « ce qui témoigne d’une prudence persistante des financiers vis-à-vis du secteur », notent les auteurs du baromètre IT.

Selon ces derniers, le nombre d’opérations de fusions-acquisitions dans ce secteur devraient s’accroître dans les années à venir, et ce, pour différentes raisons. D’une part, il y a de nombreux « prédateurs à l’appétit accru » comme les acteurs des IT qui veulent encore renforcer leur spécificité sectorielle ou des industriels d’autres métiers qui souhaitent développer des synergies. D’autre part, nombre de grands clients des entreprises de ce secteur des IT tendent à réduire le nombre de leurs fournisseurs. Les ESN doivent donc pouvoir être capable de répondre à une demande plus complexe et plus globale, ce qui contribue à la consolidation du marché. Enfin, il apparaît que les bilans 2013 des grands acteurs des services informatiques sont très sains et qu’ils ont donc d’importantes capacités pour faire de la croissance externe, d’autant que l’accès au financement est assez bon marché.