Thierry Duval

10 avril 2012

Isabelle Marie

""Pour le repreneur devenu patron qui réfléchit à une solution d’affacturage, doit-il céder à la société d’affacturage la totalité de son chiffre d’affaires ? Par ailleurs,  cette solution est-elle adaptée à tous les secteurs d’activité ?

Parmi les entreprises, de toutes tailles qui utilisent l’affacturage, nous nous apercevons que 80 % cèdent la totalité de leur chiffre d’affaires. Il s’agit d’un outil de financement très simple qui n’est pas plafonné et  qui procure une ligne de financement rapide. Mais il faut signaler que la créance qui va être cédée doit être certaine et exigible. Sur ce plan, la situation peut être délicate dans des secteurs comme le BTP ou dans les grosses SSII, car ces entreprises ont des facturations intermédiaires, donc la créance cédée ne va pas correspondre à une prestation terminée. Selon moi, l’entreprise va mieux faire le recouvrement qu’un tiers. Les sociétés d’affacturage ne peuvent avoir un recouvrement aussi proche que peut l’avoir l’entreprise à l’égard de son client.


Pour l’entreprise, quel est le coût de l’affacturage confidentiel ?

A partir du moment où c’est l’entreprise qui prend en charge la gestion du recouvrement et les relance, il s’agit alors d’affacturage confidentiel, la prestation baisse de 30 à 40 % par apport à un contrat d’affacturage classique. Il apparaît que le coût de l’affacturage confidentiel est moindre pour l’entreprise que  le coût de crédit court terme classique comme l’escompte, le Dailly ou le découvert. En moyenne, la commission d’affacturage sur le confidentiel, pour une entreprise qui cède 15 millions d’euros de chiffre d’affaires se situe, en règle général, entre 0,25 ou 0,30 % du chiffre d’affaires cédé. On peut estimer que l’ensemble des coûts représente de 0,50 à 0,70 % du chiffre d’affaires qui va être cédé par l’entreprise à la société d’affacturage. Sur les coûts bancaires, on est plus proche de 1 à 1,5 %.

Le marché de l’affacturage progresse d’année en annéepour atteindre près de 174 milliards d’euros de créances cédées en 2011. Comment voyez-vous l’évolution de ces solutions ?

Selon moi, les perspectives demeurent très bonnes. La grande majorité des sociétés d’affacturage sont des filiales de banque qui continue de se dégager du crédit court terme et qui transfert tout ce qui est crédit court terme comme le Dailly et le découvert auprès de leur factors. De plus, Bâle III devrait avoir un impact favorable pour le marché de l’affacturage.