Seul un tiers des TPE déclare avoir une trésorerie excédentaire

18 décembre 2012

Isabelle Marie

Sans surprise, la 48ème édition du Baromètre des TPE ne laisse guère de place à l’optimisme. Cette enquête de conjoncture trimestrielle, réalisée par l’Ifop pour Fiducial, montre que seulement un tiers des entreprises déclarent une trésorerie excédentaire. Pour 46 % d’entre eux, la trésorerie se trouve à l’équilibre et pas moins de 21 % déplorent le fait qu’elle soit dans le rouge. Ces dirigeants de TPE constatent, en moyenne, une baisse de 2,9 % de leur chiffre d’affaires. Ils sont 31 % à estimer que la situation financière de leur entreprise est préoccupante.

« Les très petites entreprises voient aussi les conditions de financement bancaire se détériorer. 20% déclarent ainsi avoir subi des limitations au cours des trois derniers mois (+ 4 points en quatre mois). Sans doute du fait d'une perception d'un accès plus difficile aux crédits, 18 % des interviewés seulement ont effectué une demande de prêt au cours du dernier trimestre, soit le niveau le plus bas observé depuis janvier 2009. Parmi les dirigeants ayant effectué cette demande, 60% ont été confrontés à au moins une mesure de durcissement (+ 6 points) », expliquent les experts de Fiducial.

Dans ce contexte particulièrement délicat, seulement 18 % des patrons se disent optimistes quant au contexte général dans le pays, soit une baisse de 7 points par rapport au dernier baromètre du mois de juillet. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis la création de ce Baromètre des TPE en 2000.

Une vraie défiance envers le gouvernement

La situation sur le front de l’emploi est également préoccupante. En effet, pour les trois prochains mois, seuls 6 % des patrons interrogés prévoient d’embaucher. La création nette d’emplois devrait être négative (- 0,5 %). Par ailleurs, il apparaît que 68 % des employeurs n’ont pas compensé ou ne compenseront pas la suppression des exonérations de retenues sociales sur les heures supplémentaires pour leurs salariés. Selon les calculs de Fiducial, la conséquence en est une perte de 3 % de son salaire pour un employé travaillant 39 heures par semaine.

Notamment du fait d’une politique fiscale majoritairement rejetée, seulement 20 % des dirigeants de TPE expriment leur confiance envers le gouvernement Ayrault, soit une baisse de 12 points par rapport au trimestre précédent. Pas plus de 16 % des dirigeants interrogés estiment que l’exécutif prend en considération leurs préoccupations de chefs d’entreprise.

« Le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale font l’objet de critiques très sévères. Uniquement 15% des patrons de TPE les jugent réalistes. Parmi les principaux qualificatifs utilisés pour les caractériser, 12% évoquent l’équilibre et 6% la pertinence, tandis que 59% déclarent que ces projets sont démotivants et 41% qu’ils suscitent la lassitude. Enfin, 8 % pensent qu’ils permettront d’atteindre l’objectif de 3% de déficit public en 2013 », soulignent les auteurs de ce baromètre.

L’une des mesures phares du gouvernement, à savoir le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, est loin de recueillir l’assentiment des dirigeants de TPE. Parmi ces derniers, seulement un quart pense que cette mesure aura un impact bénéfique sur leur activité. 13 % des patrons indiquent qu’elle constitue un facteur incitatif à l’embauche.