Selon Euler Hermes, faiblesse des marges et des investissements pour 2014

12 décembre 2013

Isabelle Marie

Une conjoncture économique toujours déprimée en 2013 et, ce qui va de pair, une consommation des ménages encore bien faible impactent sans surprise sur les résultats des entreprises. Selon le baromètre entreprises d’Euler Hermès, le niveau de marge a été la principale difficulté rencontrée par 88 % des dirigeants de PME et d’ETI interrogés lors du troisième trimestre de cette année.

« Prise en tenaille entre une concurrence accrue sur les prix et la diminution de leurs débouchés commerciaux, les entreprises ont sacrifié leurs marges », analyse Nicolas Delzant, le président du directoire d’Euler Hermes France. Ce dernier explique que le niveau actuel de marge des entreprises française n’a jamais été aussi bas depuis 25 ans avec trois points de marge perdu depuis 2007.
Sur ce plan, les perspectives pour 2014 n’incitent guère à un optimisme démesuré. Si l’assureur crédit pronostique une croissance de 0,6 % pour la France sur l’année à venir, il prévoit aussi une demande atone et une pression concurrentielle sur les prix qui va avoir pour principal effet d’éroder encore un peu plus les marges des entreprises. D’ailleurs, pas moins de 70 % des entreprises interrogées perçoivent la pression sur les coûts, tant en termes de main d’œuvre que de matières premières) comme un des principaux risques pesant sur leur rentabilité pour l’année prochaine.

En dépit ce constant assez alarmant concernant les marges, les fondamentaux financiers des entreprises apparaissent solides. Ces dernières ont généralement su réaliser les ajustements nécessaires pour résister à une crise économique qui perdure. Ainsi, le baromètre d’Euler Hermes montre qu’elles ont ajusté leur outil de production par des destructions de capacité pour pallier la baisse de volume. De ce fait, le taux d’utilisation de l’outil productif demeure élevé. Par ailleurs, 75 % des entreprises assurent avoir stabilisé leur trésorerie en 2013, témoignant ainsi d’une meilleure gestion financière. Enfin, pour 66 % des entreprises, les délais de paiement sont restés raisonnables. Ces derniers sont, il est vrai, bien encadrés de par la loi. Euler Hermes relève que les entreprises françaises comptabilisent en moyenne 40 % de fonds propres contre, à titre d’exemple, 37 % pour leurs homologues allemandes.

20 % des entreprises envisagent une hausse des investissements

« La discipline à laquelle se sont astreintes les entreprises françaises, en termes d’outils de production et de gestion de leur trésorerie est assez visible. En revanche, elles semblent aujourd’hui aveuglées par le court terme : 75 % des entreprises interrogées se focalisent sur leur besoin en fond de roulement et 30 % des entreprises décident même de conserver toute leur trésorerie excédentaire en liquidité. Il est important de sortir de cette situation d’empilement de cash pour une vraie relance de l’économie », souligne Ludovic Subran, chef économiste du groupe Euler Hermes.

Il apparaît assez clairement que 2014 ne sera pas l’année de reprise du niveau des investissements. En effet pour 2014, seules 20 % des entreprises envisagent une hausse de leurs investissements par rapport à l’année précédente. Il faut rappeler que sur 2013, le niveau des investissements a été assez faible puisque pour 66 % des entreprises il était inférieur à 5 % du chiffre d’affaires. Le manque de débouchés et l’absence de visibilité pénalisent les décisions d’investissement.

Selon Ludovic Subran, cette prudence extrême sur la politique d’investissement des entreprises semble être le chainon manquant d’une vraie reprise en France en 2014. « Il est temps que les entreprises françaises profitent de leurs victoires en termes d’ajustement compétitif et qu’elles visent de nouvelles batailles en France comme à l’étranger via un investissement de qualité », estime-t-il.