Reprise en SCOP : une voie à ne pas négliger

18 janvier 2011

Isabelle Marie

""La reprise d’entreprise par les salariés, sous le statut SCOP, rencontre de plus en plus de succès. Il s’agit d’une alternative intéressante notamment lorsque le cédant ne trouve pas de repreneur. En 3 ans, l’Union Régionale des SCOP Rhône-Alpes a aidé plus de 600 salariés à cette tâche, notamment grâce à un outil financier, Transméa.
Première société de capital-risque dédiée à la reprise d’entreprises par les salariés, Transméa apporte un accompagnement et un financement adaptés aux salariés qui souhaitent reprendre leur entreprise. Cet outil vise la transmission d’entreprises saines et la reprise d’entreprises en difficulté en Rhône-Alpes. Outre l’accompagnement humain sur le long terme (3 à 5 ans), les futures SCOP reçoivent une aide importante lors du montage financier. La mise en place, fin 2007, du premier outil financier entièrement dédié au statut coopératif, Transméa, a permis de verser près de 800 000 euros sur 20 dossiers de RES (Reprise d’Entreprise par les Salariés), représentant 226 emplois. Voici deux exemples d’opération de reprise réussie sous le statutt SCOP :
Dans le cas de SAPA à Valence (26), devenue une SCOP il y a quelques mois, c’est l’expert comptable, qui a proposé une reprise par les salariés à lʼancien dirigeant. « Je connaissais le principe mais c’était la première fois que je le proposais à un de mes clients, explique Hubert Dumas du cabinet Guigard-Veyret. L’ancien dirigeant souhaitait transmettre son entreprise dans la continuité du rachat qu’il avait fait 20 ans plus tôt avec un associé. Mais l’entreprise s’étant développée, les salariés, seuls, n’avaient pas les moyens financiers". C’est donc associé à un dirigeant d’une autre entreprise coopérative, José Magalhaes, et avec le soutien financier du réseau des SCOP que deux des anciens salariés entreprennent les démarches. « Les salariés connaissaient le métier, il manquait le gestionnaire pour sauvegarder l’entreprise » complète Hubert Dumas. Aujourd’hui, la reprise de cette société d’achat et revente d’articles de loisirs, chasse, pêche (CA 2010 : 4,1 millions d’euros) a permis à 12 salariés de garder leur emploi.
Sylvain Carl est lui, dirigeant d’une autre SCOP, Savoie Condi Fruits, dont il n’était pas salarié avant la reprise :« Directeur commercial d’une autre entreprise du secteur, j’avais suivi les difficultés de l’ancienne entreprise. Pourtant je voyais le potentiel existant et j’ai rapidement noué des liens avec les salariés pour leur proposer une reprise. »
Née d’une reprise à la barre du Tribunal en juillet dernier, cette entreprise savoyarde de stockage, conditionnement et commercialisation de fruits emploie une vingtaine de salariés pour un chiffre d’affaires de 3,7 millions d’euros. Au côté de Sylvain Carl, quatre des anciens salariés font aujourd’hui partie du projet. « Aujourd’hui, le statut SCOP nous apporte clairement un plus grâce à une implication des salariés importante. Il est encore tôt pour comparer, mais la mise en place d’un nouveau mode de fonctionnement apporte déjà une meilleure qualité, une meilleure ambiance, ce qui est essentiel dans une entreprise », souligne-t-til.