Recul de 41 % des montants investis en capital-transmission

11 avril 2013

Isabelle Marie

""Que ce soit en montants investis ou en montants collectés, les différents indicateurs du capital-investissement français sont dans le rouge en 2012. Ceci est vrai pour le capital-transmission, pour le capital-développement mais aussi pour le capital-innovation.

Après deux années de reprise, le coup d’arrêt est brutal. L’an dernier, les investissements des fonds français ont chuté de 38 % en montant à 6,1 milliards d’euros. Fort logiquement, le ticket moyen d’investissement est en nette diminution. En effet, les montants investis supérieurs à 100 millions d’euros sont en recul de 59 %. 95 % des entreprises qui ont été accompagnées par un fonds de capital-investissement ont reçu moins de 15 millions d’euros. Toutefois, le nombre d’entreprises accompagnées, à savoir un peu plus de 1 500, demeure stable par rapport à 2011. Il s’agit à 79 % de PME.

Ces données peu réjouissantes émanent de la dernière étude sur l’activité du capital-investissement en France en 2012 menée par l’Association  française des investisseurs pour la croissance (Afic) et le cabinet d’audit Grant Thornton. Notons que ces chiffres ne concernent que les acteurs du capital-investissement membres de l’Afic. Selon l’Afic, cette situation est liée aux incertitudes économiques en 2012 mais aussi aux premiers effets de l’épuisement des disponibilités chez certains gérants.

Baisse de 22 % des capitaux levés

La baisse est également sensible en termes de capitaux levés. 5 milliards d’euros ont été levés en 2012, soit un recul de 22 % par rapport à 2011. L’enquête souligne que le montant de la collecte est très inférieur aux besoins en fonds propres des PME et ETI en France qui est évalué à 11 milliards d’euros par an. « Ces niveaux de levées de fonds sont intenables et ont déjà un impact négatif sur la capacité du capital-investissement à financer de nouvelles entreprises », note l’Afic.

La baisse des levées de fonds est particulièrement sensible auprès des investisseurs étrangers. Ces derniers ont représenté plus de 50 % des capitaux levés en 2011 et seulement 30 % l’an dernier. Les montants levés auprès des investisseurs institutionnels se replis de 43 % à 1,6 milliards d’euros.

Des trois familles du capital-investissement, c’est le capital-transmission qui enregistre la baisse la plus significative. Les montants investis en capital-transmission ont reculé de 41 % à 3,6 milliards d’euros. Il faut toutefois noter que les investissements en capital-transmission reviennent au même niveau qu’en 2010 mais en très net recul par rapport aux années fastes 2006, 23007 et 2008.
Le capital-développement voit pour la première fois depuis 2006 ses investissements baisser. Ce recul est de 34 % à 1,9 milliard d’euros investis l’an dernier. Enfin, le capital-innovation connaît en 2012 sa plus mauvaise année depuis 2005 avec seulement 400 millions d’euros investis, soit un repli de 26 % par rapport à 2011.

« Le problème réside dans l’insuffisance des fonds levés. Les causes sont connues : les règles prudentielles qui frappent les investisseurs institutionnels, la situation économique de la France et de l’Europe qui détournent les investisseurs étrangers. La solution est identifiée et permettrait de garantir la souveraineté économique de notre pays : une meilleure orientation de l’épargne pour l’investissement dans le non coté. Dans le prolongement des rapports Gallois et Berger Lefebvre, il faudra une impulsion politique forte pour débloquer cette situation qui met en péril la capacité de la France à impulser les projets d’entreprises audacieux, sources de croissance et d’emplois », assure Louis Godron, président de l’Afic.