Progression sensible du capital-transmission en 2010

21 avril 2011

Isabelle Marie

""Il est indéniable que l’activité du capital investissement a rebondi l’an passé, ce qui paraît logique après la chute spectaculaire de 2009. En montant, et tous investissements confondus, la progression s’établit à 60,9 % par rapport à l’année précédente, soit près de 6,6 milliards d’euros. Il s’agit des chiffres de l’étude annuelle sur l’activité du capital investissement réalisée par l’Afic (Association française des investisseurs en capital) et Grant Thornton.  Les quelques 10 milliards d’euros d’investissements de 2008 sont encore loin d’être atteints mais la tendance est clairement positive.

Les montants investis en capital transmission ont plus que doublé. Ils sont passés de 1,6 milliard en 2009 à plus de 3,5 milliards l’an passé. Le segment des opérations de moins de 50 millions d’euros a augmenté de 41,6 % à plus de 1,3 milliard d’euros. Ces chiffres sont tout de même à relativiser eu égard au montant du capital-transmission en 2008 : 7, 4 milliards d’euros. La période d’attentisme dans le domaine des cessions d’entreprise est bien terminée, pour autant le climat de pleine confiance ne prévaut pas encore.
Par contre, les chiffres du capital développement sont en constante progression avec un record d’investissement de plus de 2,3 milliards d’euros en 2010, en hausse de 28,5 % sur l’année précédente.
Selon l’Afic, le capital-développement et le capital-transmission sont les principaux bénéficiaires de la reprise de la collecte avec l’augmentation notable des levées de fonds des véhicules destinés aux PME (fonds de 50 à 200 millions d’euros). Le capital-transmission a par ailleurs pu s’appuyer sur le retour des investisseurs institutionnels internationaux.

« Les nouvelles réglementations, Solvabilité 2 et Bâle 3, vont accentuer le déséquilibre entre l’offre et la demande de capitaux long terme des PME, souligne Hervé Schricke, président de l’Afic.  La différence constatée entre les montants levés et les montants investis en 2010 est un sujet de préoccupation pour notre profession. Afin de pallier le retrait de certaines catégories de souscripteurs, l’AFIC est aujourd’hui force de propositions auprès des pouvoirs publics pour orienter l’épargne des français vers le financement des PME, notamment dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine. »

Si, en montant, l’activité du capital investissement en 2010 est loin d’atteindre les niveaux des années avant crise, il en va différemment en termes de nombre d’entreprises financées. En effet, l’an passé, 1 685 entreprises ont eu recours au capital-investissement, soit 14,7 % de mieux qu’en 2009. Depuis 2005, la progression est constante. L’étude de l’Afic et de Grant Thornton souligne que 80 % des entreprises concernées sont des PME/PMI et que 60 % des montants investis l’ont au sein de nouvelles entreprises.
Enfin, le capital risque poursuit sa progression avec une hausse de 14,2 % des investissements en 2010, à 458 millions d’euros.