Plus de 12 000 cessions de PME en 2010

9 décembre 2011

Isabelle Marie

Il est indéniable que dans le petit monde de la transmission d’entreprise, et de PME en particulier, la dernière étude de « BPCE L’Observatoire » va faire du bruit. Les auteurs de ce travail se sont notamment donnés comme objectif de recenser de façon exhaustive le nombre de cession de PME intervenu sur une année. Il ressort de leurs travaux que 12 315 opérations de ce type ont été menées en 2010, soit 5,9 % du total des PME et ETI françaises. Sur ce total de 12 315 transmissions, BPCE L’Observatoire recense1 635 changement de dirigeant intrafamilial.

Plus de 5 000 transmissions de PME de 10 à19 salariés

Ce résultat appelle un double commentaire : d’une part, pour la première fois, un chiffre précis sur les transmissions de PME est avancé. En effet, depuis 2006, l’Insee a arrêté de comptabiliser ces opérations. De plus, les chiffres alors donnés par cette administration n’étaient que partiels. D’autre part, ce total de plus de 12 000 cessions de PME par an en France est nettement plus important que toutes les estimations qui circulaient jusqu’alors. La plupart des experts avançaient jusqu’à présent une fourchette allant de 4 000 à 6 000 transmissions de ce type d’entreprise par an. Soulignons que l’étude porte sur les 202 755 PME françaises de 10 à 249 salariés élargies aux 4 888 entreprises de taille intermédiaires de 250 à 4 999 salariés.
L’étude précise le nombre de cession-transmission par tranche d’effectif : 5 075 pour les PME de 10 à 19 salariés ; 4 030 pour les PME de 20 à 49 salariés ; 1 314 pour celles de 50 à 99 salariés et 1 896 pour les entreprises de plus de 100 salariés.
« Cette image de la cession-transmission est le reflet d’une transformation profonde de l’organisation des PME : 52 % appartiennent à un groupe, principalement à un groupe de PME, et la présence d’un holding est majoritaire au-delà de 100 salariés. Dans la pratique, trois univers se juxtaposent : les passages de relais en vue de la retraite, mais aussi des ventes en vue d’une réorientation en cours de vie active ou d’une valorisation du capital professionnel et, enfin, des opérations « techniques », telles la création d’un holding ou l’ajustement du portefeuille d’activités », précisent les auteurs de l’étude.

La cession de moins en moins motivée par le départ en retraite

Autre précision d’importance, il apparait que 58 % des opérations de cession-transmission interviennent avant les 55 ans du dirigeant. Le départ en retraite du chef d’entreprise n’est donc pas la raison principale de la vente de la structure. Par ailleurs, les opérations menées via des holdings ou un changement d’actionnaire représentent 34 % du total.
L’étude souligne également que nombre de chef d’entreprise restent en fonction au-delà de 60 ans : « Ils demeurent à la tête de leur entreprise plus longtemps qu’ils ne semblent le souhaiter au regard de leurs aspirations en termes de retraite ou d’horizon de cession. Ainsi, entre 2004 et 2010, c’est la part des 60 ans et plus qui a crû (17,7 %, contre 12,8 % six ans plus tôt), alors que celle des quinquagénaires a baissé. Les PME dont le dirigeant est âgé adoptent en général un comportement de consolidation des fonds propres privilégiant la viabilité à la croissance. Résilientes, les entreprises dont le patron a plus de 60 ans voient cependant leurs performances économiques se dégrader parallèlement à un moindre recours aux dettes financières ».
Ce travail repose sur le croisement de différentes bases comme "Info légale", "Corpfin", "Diane", "Altares" ou encore "Sirene"