Nouvelle hausse des défaillances d’entreprises

20 juin 2014

Isabelle Marie

« Du mieux pour les PME, en particulier manufacturières, tandis que les TPE continuent à broyer du noir. Le clivage s’accentue sur le front des défaillances d’entreprises ce premier trimestre 2014, souligne Thierry Millon, responsable des études chez Altares-D&B. Dans une conjoncture qui manque encore de tonus et de perspectives, la reprise profite en amont aux acteurs du B2B, mais se fait attendre par les TPE dépendant de la consommation des ménages ». Selon l’étude trimestrielle sur les défaillances d’entreprises d’Altares, au global, 16 858 entreprises ont défailli lors du premier trimestre 2014, soit une progression de 3,4 % par rapport à la même période de 2013. Sur ce total, 11 669 ont fait l’objet d’une liquidation judiciaire directe (+ 3,7 %), 4 777 ont été placé en redressement judiciaire (+ 2,9 % ) et 412 ont fait l’objet d’une procédure de sauvegarde.

En effet, en termes de défaillances d’entreprise, ce sont les micro-entreprises sans salariés qui paient le plus lourd tribut. Pas moins de 6 900 d’entre elles ont déposé le bilan sur le premier trimestre de cette année, soit une progression de 13,5 % par rapport aux trois premiers mois de 2013. A noter que les défaillances des micro-entreprises de moins de 3 ans reculent de 8 % alors que celles des structures de plus de 5 ans, à l’inverse, progressent de 8 %.

A l’inverse, les défaillances de PME de plus de 50 salariés diminuent très sensiblement. Sur les trois premiers mois de l’année, 113 ont déposé leur bilan soit 27,6 % de moins qu’au premier trimestre 2013. Il s’agit du meilleur résultat depuis le début de la crise. De plus, la majorité de ces PME a obtenu du tribunal de poursuivre leur activité sous procédure de redressement judiciaire. Enfin, un millier de PME de plus de 10 salariés ont failli, sur cette même période, soit une baisse de 3,6 % par rapport au premier trimestre 2013.

Le 2ème trimestre devrait être meilleur

« Panne de consommation des ménages pour les unes, modèle à réinventer pour d’autres, les TPE comme les PME n’ont plus les moyens financiers de faire le dos rond en attendant une reprise qui leur échappe encore. La liquidation judiciaire est redoutée par beaucoup d’entre eux mais aussi par leurs clients comme leurs fournisseurs, qui faute d’avoir vu venir la défaillance de leur partenaire commercial, pourraient à leur tour manquer la reprise », poursuit Thierry Million.

Il apparaît que le nombre de défaillance d’entreprises est exactement le même lors de ce premier trimestre 2014 que sur les trois premiers mois de 2009, alors que le pays se trouvait en plein cœur de la crise.

Par secteur, l’industrie manufacturière s’en sort le mieux, toute taille d’entreprise confondue, avec une baisse de 6,9 % du nombre de défaillances. Le commerce de gros retrouve une certaine vigueur avec un recul de 2,8 % des cessations de paiement. A l’inverse, l’ensemble des services aux entreprises voient le nombre de défaillances progresser de 4,8 %. La hausse touche plus particulièrement les activités de conseil, les agences de publicité et les architectes. Le secteur de la restauration pâtit lui aussi des conséquences de la crise avec une hausse de 2,5 % du nombre de cessations de paiement.

« Comme attendu, 2014 démarre difficilement pour les petites entreprises. Ces dernières attendent de pouvoir profiter elles-aussi des premiers signaux encourageants donnés par les PME. Le deuxième trimestre pourrait être moins sévère que le premier, même si environ 15 000 entreprises, essentiellement des petites, seront encore contraintes de déposer le bilan. Pour 2014, la consolidation de la reprise doit permettre de renforcer la croissance des chiffres d’affaires et surtout des marges des PME-ETI », conclu Thierry Million, responsable des études chez Altares D&B.