Nouveau recul de la valorisation moyenne des sociétés mid-market

21 novembre 2012

Isabelle Marie

Sans grande surprise, l’Indice Argos Mid-Market poursuit sur le 3ème trimestre 2012 la baisse entamée dès le début de l’année. La chute est de 10 % par rapport au trimestre précédent, et de pas moins de 18 % depuis le début de l’année, soit une valorisation moyenne de 6,3 fois l’EBITDA. Cette moyenne s’élevait à 7 fois l’EBITDA sur le deuxième trimestre.

Rappelons que l’Indice Argos Mid-Market mesure l’évolution des valorisations des entreprises mid-market non cotées de la zone euros. Cet outil qui est réalisé par Epsilon Research pour Argos Soditic correspond à la médiane sur 6 mois glissants du multiple EV/EBITDA historique des opérations de fusions-acquisitions mid-market.

Ce sont les prix de cession payés par les repreneurs industriels qui ont le plus fortement chuté. Ces derniers ont baissé de 16 % sur le 3ème trimestre par rapport aux trois mois précédents à 6,3 fois l’EBITDA. Selon les auteurs de cet indice les principaux facteurs pouvant expliquer ce recul sont les perspectives confirmées d’une récession sur 2012, la faible visibilité sur 2013 ainsi que les incertitudes pesant sur la situation de la zone euro.

« Nombre de projets de croissance externe restent en suspens »

Les multiples payés par les fonds LBO sont demeurés stables ce trimestre à 6,6 fois l’EBITDA, mais à un niveau qui reste historiquement faible. « Au-delà des éléments conjoncturels liés à crise économique de la zone euro, le LBO souffre de la difficulté à lever des fonds notamment du fait d’un désengagement des banques et assurances des fonds de private equity et d’une réglementation européenne renforcée », souligne l’étude.

Il apparaît que l’activité fusion-acquisition mid-market poursuit son mouvement de baisse depuis maintenant 3 ans. Elle a reculé au 3ème trimestre 2012 de 7 % en volume et de 3 % en valeur par rapport au trimestre précédent. Les trois premiers trimestres de cette année sont à des niveaux proches des plus bas jamais enregistrés depuis la création de la zone euro.

Selon les auteurs de l’Indice Argos, les marchés M&A et LBO de la zone Euro sont peu actifs depuis maintenant près de 5 ans reflétant la faiblesse générale des perspectives de croissance de la zone euro et un environnement incertain limitant la volonté des vendeurs et des acquéreurs de s’engager dans des opérations M&A. « Signe de cette défiance, les sociétés européennes, dont nombre de projets de croissance externe restent en suspens, ont continué d’augmenter leur trésorerie à des niveaux records, de 1 200 milliards d’euros en 2007 à 2 400 milliards d’euros à la mi-2012 », estiment-ils.