Mikaël Kermabon

19 décembre 2014

Isabelle Marie

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Mikaël Kermabon et son associé ont repris Brivet Mécano Soudure en décembre 2012. Cette PME de 15 salariés, implantée en Loire-Atlantique, réalise des ensembles et des sous-ensembles soudés comme, par exemple, des pièces pour des engins de transport ou du mobilier urbain.

 

Pourquoi l’envie de reprendre une PME ? Aviez-vous une idée du secteur vers lequel vous tourner ?
A 39 ans, je souhaitais prendre mon destin en main. J’étais cadre supérieur dans une grosse structure. Le projet a mis une petite année pour germer. J’avais une idée du secteur dans lequel je souhaitais reprendre une affaire car je souhaitais faire correspondre mon fichier client de l’entreprise dans laquelle je travaillais avec le fichier client potentiel de la société cible. Je connaissais bien le secteur de la métallurgie. D’ailleurs Brivet Mécano Soudure est l’un de mes anciens clients.

Quelle a été votre méthode recherche ?
J’ai mis à profit les fichiers de cédants de la CCI. Je me suis également rapproché d’avocats et d’experts-comptables spécialisés dans la transmission d’entreprise qui possèdent souvent de bonnes informations.

Pourquoi votre choix s’est porté sur Brivet Mécano Soudure ?
Différents éléments nous ont séduits dans Brivet Mécano Soudure : ses quelques 20 années d’antériorité sur son marché, le fait que l’entreprise soit reconnue dans son domaine, une pyramide des âges des salariés bien équilibrée, de nouveaux locaux qui permettent un développement possible sans avoir à déménager. Par ailleurs, le cédant nous a expliqué ne pas avoir mené à bien l’ensemble des développements commerciaux possibles, donc nous avons perçu un vrai potentiel à ce niveau.

Avez-vous été en concurrence avec d’autres salariés et comment avez-vous séduit le cédant ?
Le cédant nous a dit que nous étions en concurrence avec d’autres repreneurs mais j’avoue de pas en être certain. Nous avons analysé cette cible comme une belle endormie que le cédant tout seul ne parvenait pas à correctement développer commercialement. Donc le fait que nous soyons deux associés pour mener à bien cette reprise l’a sans doute séduit. Par ailleurs, le montage financier lui a paru cohérent.

Comment s’est déroulée la négociation sur le prix de cession ?
En raison du contexte économique actuel, les entreprises perdent de leur valeur. La conjoncture se prête à des négociations encore plus importantes aujourd’hui qu’il y a 1 ou 2 ans. Nous avons pu négocier à la baisse, de l’ordre de 30 % du prix affiché. Le prix de cession final correspond, selon moi, à un prix de marché. Ces négociations ont été menées sur la fin du processus des discussions une fois que nous étions d’accord sur le projet pour l’entreprise. Comme nous savions que nous allions travailler de concert avec le cédant durant la période d’accompagnement, et afin de ne pas risquer de détériorer nos relations, ce sont nos conseils qui ont mené ces négociations sur le prix.

Quelques mots sur les audits et la GAP…
Les audits ont été menés après la signature de la lettre d’intention qui contenait une clause d’exclusivité afin de bloquer tout concurrent éventuel. Nous avons lancé des audits sociaux, fiscaux, comptable, juridique. Cette société était gérée en bon père de famille, donc les audits ne nous ont pas révélés de surprises majeures. Le document sur la garantie d’actif et de passif a fait quelques allers et retours car la vision de nos avocats n’était pas forcément celle des conseils du cédant. Il y a certes des négociations à mener mais si les audits ont été bien faits et n’ont pas révélé de problèmes importants, la GAP ne doit pas être un frein.

Avez-vous conclu un crédit-vendeur ?
Nous sommes convenus d’un crédit vendeur. Ce qui permet de monter son dossier financier de façon plus sereine, de mettre un peu d’huile dans les rouages durant la période de négociation et cela permet aussi d’impliquer davantage le cédant en particulier lors de la phase d’accompagnement. Un crédit vendeur va également rassurer les partenaires financiers. Nous avons aussi conclu une clause de complément de prix en partant sur une base des capitaux propres à 3 et à 6 mois.

Un conseil pour ceux qui se lancent dans la reprise d’entreprise ?
Il faut essayer de ne pas rester seul et de très vite s’entourer d’un avocat et d’un expert-comptable, de préférence spécialisés dans la transmission d’entreprise. Par ailleurs, nous avons été lauréats de Réseau Entreprendre. Ce réseau d’accompagnement nous a notamment apporté de précieux conseils avant et après la cession.