L’importance du capital transmission français

18 janvier 2017

Isabelle Marie

""La part relative de la France dans le capital transmission européen est en constante progression, et ce, depuis 2007. Comme le soulignent les auteurs de l’Observatoire CNCFA / Epsilon Research de la transmission des PME, « la France dispose d’une industrie du capital investissement importante, qui est la plus développée de la zone euro. Et le segment capital transmission small cap y représente, comme les années précédentes, une part relative plus élevée que dans les autres pays ».

Même si le capital transmission est actif en France, il n’empêche que le marché français des fusions/acquisitions sur le créneau des PME enregistre une baisse continue depuis 2012, passant ainsi de 8 milliards d’euros à 6,8 milliards en 2016 (valeur estimée). Comme l’expliquent les auteurs de ce baromètre, la baisse sur l’année 2016 est liée aux inquiétudes des investisseurs sur la montée des risques macroéconomiques et politiques à savoir, faible croissance de la productivité, niveau mondial de dettes historiquement élevé ainsi qu’une marge de manœuvre limitée de la politique monétaire : ce que la BRI nomme la « trinité des risques ». Sur un plan plus politique, les conséquences du Brexit continuent d’inquiéter. Ainsi selon Baker & McKenzie, un scénario « dur » de Brexit pourrait entrainer  une perte d’activité du marché M & A britannique de 34 % sur 5 ans.

Un environnement micro-économique porteur

Toutefois, il convient de souligner, avec les auteurs de cette étude, que « la tendance de long terme reste positive en Europe avec un environnement micro-économique et financier toujours très favorable au marché des fusions & acquisitions ». D’une part, les conditions financières demeurent très bonnes avec des taux d’intérêt historiquement faibles ; d’autre part, l’environnement micro-économique est porteur : en effet, les fonds de capital-investissements et les grands groupes ont beaucoup d’argent disponible, les groupes industriels mènent une politique active de croissance externe et il y a « un besoin de consolidation de certains secteurs d’activité pour faire face à la digitalisation rapide de l’économie ».

Comme il est précisé dans le baromètre précité sur les transmissions de PME, le marché des fusions & acquisitions de PME française a mieux résisté que celui de la zone euro à la crise de 2008, mais depuis 2013, après le choc réglementaire et fiscal de 2012 et 2013, la baisse de ce marché est continue, à rebours de la reprise du marché européen.

L’importance du LBO small cap

Toutefois, cette baisse doit être remise dans un contexte plus large : le marché français des cessions/acquisitions de PME demeure l’un des plus importants (en volume de transactions) de la zone euro. Jusqu’en 2015, il se plaçait d’ailleurs en première position. En 2016, pour la première fois, l’Allemagne occupe le premier rang avec 28 % du nombre total des transactions, devant la France avec 21 %, l’Italie avec 11 % et l’Espagne avec 8 %. Tels sont les chiffres qui ressortent de l’Observatoire 2016 CNCFA Epsilon de la transmission de PME.

L’une des spécificités du marché hexagonal, par rapport aux autres pays européens, est le rôle très important du LBO small cap, en d’autres termes du capital transmission. Sur les valeurs de transmission inférieures à 50 millions d’euros, et selon les données d’InvestEurope, la part du capital transmission représente 45 % en volume et 49,5 % en valeur du marché des LBO de la zone euro. À titre d’exemple, en Allemagne ce taux est de 14 %.