Les valorisations du mid-market baissent sur le premier trimestre

29 mai 2012

Isabelle Marie

Pour la première fois depuis plus de 2 ans et demi, les entreprises moyennes non cotées (du mid market) de la zone euro ont enregistrées une baisse moyenne de leur valorisation de 6,5 % sur le premier trimestre 2012 par rapport au trimestre précédent. Davantage que les difficultés liées à la recherche d’un financement pour l’acquisition, c’est bien la dégradation des perspectives de croissance qui impactent de façon négative les valorisations.Cet indice Argos Mid-Market, qui reflète donc les valorisations moyennes sur ce type d’entreprise, s’élève à 7,2 fois l’Ebitda. L’indice se retrouve ainsi au même niveau qu’en juin 2011.

Les prix payés par les fonds d’investissement sont également orientés à la baisse mais de façon moins sensible. Ils reculent de 4 %, à 7,4 fois l’Ebitda. Si les opérations conclues par les fonds se font plus rares, elles dans la majorité des cas sur des cibles de qualité. Les multiples d’acquisition restent, en conséquence, plus élevés que ceux payés par les industriels en phase de croissance externe.
Les multiples payés par ces derniers ont accusé une baisse de 5,3 % à 7,2 fois l’Ebitda, et ce suite à une période continue de hausse depuis deux ans et demi. « Dégradation des perspectives de croissance des entreprises, risque de récession pesant sur plusieurs
pays de la zone euro, crise des dettes souveraines, difficultés de financement des entreprises : les incertitudes s’aggravent et pèsent sur les multiples, et ce bien que les grandes entreprises européennes continuent de bénéficier de bilans solides
», soulignent les experts d’Argos Soditic et d’Epsilon Research, qui réalisent chaque trimestre ce travail.

L’activité fusion-acquisition atteint son niveau le plus faible depuis la création de l’indice en 2004

Ce repli des valorisations se fait que l’activité fusions-acquisitions enregistre une baisse très sensible de 23 % en volume et de 48 % en valeur sur ce premier trimestre 2012 par rapport au trimestre précédent. L’étude note aussi que cette activité fusions-acquisitions atteint son niveau le plus faible depuis la création de l’indice en 2004. Il est également à noter que les opérations LBO ne représentent, sur ce premier trimestre 2012, que 8 % du marché fusion-acquisition, soit leur plus faible niveau depuis 2002. « Les opportunités d’investissement sont plus rares et plus difficiles à mener en raison du manque de visibilité sur l’activité des entreprises et l’accès aux financements demeure complexe », précise l’étude. Les acteurs industriels du cotés ont assez brutalement diminué leur activité dans le domaine des fusions-acquisitions. Leur part dans le total des acquisitions industrielles est apparue, sur ce premier trimestre 2012, comme la plus basse depuis 10 ans, soit 37 %.

L’indice Argos Mid-market mesure l’évolution des valorisations des sociétés du mid market non cotées de la zone euro. Réalisé par Epsilon Research pour Argos Soditic, il correspond à la médiane sur 6 mois glissant du multiple EV (valeur d’entreprise) / Ebitda historique des opérations de fusions-acquisitions  mid market de la zone euros.