Les trois-quarts des PME ont un besoin de financement

27 avril 2015

Isabelle Marie

"" Les dirigeants de PME commencent visiblement à retrouver le moral ou, du moins, à montrer moins de signes d’inquiétude. Il s’agit là de l’un des enseignements de la 24ème édition du baromètre de KPMG et de la CGPME sur le financement et l’accès au crédit des PME.

Selon cette enquête, la proportion des patrons de PME inquiets pour leur propre activité passe sous la barre des 50 % pour la première fois depuis mars 2012, à 49 % soit 4 points de moins que lors du précédent baromètre. Plus généralement, ces derniers se montrent un peu plus optimistes par rapport à la situation économique. Ils sont certes 78 % à exprimer encore un sentiment d’inquiétude mais ce chiffre est en baisse de 9 points par rapport à la précédente enquête datant de janvier. Si le nombre de dirigeants affirmant spontanément n’être confrontés à aucune difficulté a doublé, ce chiffre plafonne à 14 %, ce qui peut tout de même être considéré comme étant bas.

Le niveau du chiffre d’affaires demeure problématique. En effet, pas moins de 54 % des chefs d’entreprise interrogés affirment avoir connu une baisse de leur chiffre d’affaires sur le dernier exercice.

Durcissement des conditions de financement

74 % des dirigeants assurent connaître au moins un besoin de financement, soit 9 points de plus par rapport à janvier dernier. Il s’agit du plus haut niveau depuis la création du Baromètre en 2009. Parmi ces derniers, 45 % expriment des besoins en financement d’exploitation  et 44 % en financement d’investissement. « La progression des besoins de financement des PME témoigne d’une confiance plus grande dans l’avenir, qui incite les entreprises à davantage capitaliser pour les mois et années à venir », souligne le directeur général de KPMG France, Jacky Lintignat.

Mais la difficulté réside dans le fait que ces dirigeants subissent un durcissement des conditions d’accès au crédit. Ils sont pas moins de 75 % (+6 points) à assurer faire l’objet d’au moins une mesure de durcissement des conditions de financement par les banques. La première difficulté citée (48 %) est le fait d’être financé à un coût plus élevé ou pour un montant plus faible que prévu. 42 % disent que leur banque leur demande des garanties supplémentaires. Un peu plus d’un tiers des patrons interrogés expliquent que leur banquier leur a réduit les possibilités de crédit ou les facilités de trésorerie. Toutefois, et cela peut paraître étonnant de prime abord, moins d’un dirigeant sur deux envisage d’examiner les conditions d’autres établissements bancaires.

Coût du travail : premier obstacle à l’embauche

« Conséquence de ce durcissement, 36 % (+3 points) des dirigeants interrogés déclarent s’autocensurer dans leurs investissements et leurs demandes auprès des banques en raison de difficultés d’accès au crédit », notent les auteurs ce Baromètre KPMG / CGPME.
Autre thématique abordée par ce Baromètre : le coût du travail. 42 % des dirigeants identifient le coût du travail comme le principal obstacle à l’embauche dans leur entreprise. Signalons enfin que les deux-tiers des chefs d’entreprise interrogés expliquent qu’ils seraient incités à recruter en CDI si la rupture du contrat de travail serait, durant les trois premières années, liée à l’évolution des résultats de l’entreprise.