Les spécificités des repreneurs « senior »

11 septembre 2013

Isabelle Marie

Près d’un tiers des créateurs d’entreprise ont plus de 45 ans. Cette proportion est plus importante chez les repreneurs. Le profil de ces entrepreneurs seniors est, par certains aspects, spécifiques. Le réseau Initiative France a décidé de mettre en place un programme expérimental d’accompagnement prenant en compte ces spécificités. A titre d’exemple, 37 % des dossiers de reprise financés par Initiative Val de Seine concernent des entrepreneurs de plus de 45 ans.

Parmi les problématiques qui sont analysées par le réseau d’accompagnement, celle de l’aptitude à la reconversion. Changer de secteur et de métier est bien plus facile à 30 ans qu’à 50. Le directeur d’initiative Val de Seine témoigne dans « Initiative », la lettre du réseau : « Sur notre territoire, il y a peu d’entreprise à reprendre dans leur secteur d’activité passé. Ils reprennent donc dans des domaines complètement différents : un ancien cadre d’un grand groupe du secteur électronique est devenu plombier, un autre a repris une entreprise de poêles scandinaves. C’est donc plus le savoir-être qui nous préoccupe car manager une petite équipe, qui plus est dans un métier que l’on ne connaît pas, n’a rien à voir avec le management dans une grande entreprise », explique-t-il. La directrice d’Initiative Somme assure, pour sa part, « avoir eu des expériences malheureuses notamment sur les reprises, avec ce type de créateur. C’est d’ailleurs un élément de vigilance pointé par Oséo ».

Une bonne capacité d’apprentissage

Le réseau Initiative France a demandé au cabinet Exton Consulting d’engager une étude afin de mieux appréhender les qualités et les faiblesses des porteurs de projets âgés de plus de 45 ans. Le cabinet explique que ces entrepreneurs possèdent une bonne connaissance de l’entreprise, savent lire un compte de résultat et un bilan et bénéficient souvent d’un apport financier important qui leur permet d’investir davantage que d’autre catégories de porteurs de projets au démarrage de l’activité.

Mais, et toujours selon l’étude d’Exton Consulting, les cadres qui souhaitent devenir repreneurs ont souvent des lacunes qui peuvent s’avérer rédhibitoires dans certains cas comme une faible capacité à se remettre en cause, un manque de réalisme ou encore « une absence de savoir-faire concrètement utilisable dans un nouveau contexte ». Toutefois, leur capacité d’apprentissage ainsi que leur situation patrimoniale leur permettent dans bien des cas de rebondir.

Au final, et sans surprise, il apparaît que le taux d’acceptation par les plateformes d’Initiative France des dossiers de cette catégorie de repreneurs est plus élevé que pour d’autres catégories, du fait notamment de dossiers bien montés qui sont solides sur un plan juridique et financier.