Les patrons de PME souffrent du durcissement des conditions d’accès au crédit bancaire

18 juin 2012

Isabelle Marie

""La 14ème édition du baromètre KPMG et CGPME sur le financement et l’accès au crédit révèle une réelle montée de l’inquiétude des dirigeants de PME. Pas moins de 86 % d’entre eux se déclarent inquiet quant à l’économie française, soit une hausse de 13 % par rapport au précédent baromètre de mars 2012. Un quart des patrons se disent même « très inquiets », ce qui constitue un record depuis la création de ce baromètre en février 2009.
Comme à l’accoutumée, les dirigeants de PME se montrent un peu moins pessimistes quant à leur propre activité que sur les questions macro économiques. Ils sont 56 % à se déclarer inquiet pour leur propre activité sur le second semestre de cette année, soit 12 points de plus que lors du précédent baromètre.
« Les hausses sur les coûts ou les prix des fournisseurs sont toujours en tête des difficultés rencontrées, malgré une diminution du nombre de PME concernées (61 %, -4 points par rapport à mars 2012). En revanche, les baisses de chiffre d’affaires affectent plus de PME (46 %, +8 points), ainsi que les problèmes de trésorerie ou de financements (31 %, +4 points). Enfin, les difficultés avec leur assureur crédit sont toujours les moins ressenties (6 %, -3 points) », précisent les auteurs de l’étude.
Plus des deux tiers des patrons de PME assurent avoir un besoin de financement. Cette donnée qui de prime abord peut paraître encourageant doit être regardée de plus près. En effet, 36 % de ces derniers ont des besoins de trésorerie, soit une hausse de 5 points par rapport à l’enquête précédente. Ce type de besoin se faisant plus spécifiquement ressentir pour les PME de 20 à 49 salariés. Les besoins en financement pour de l’investissement concernent  42 % des dirigeants interrogés.

Durcissement des conditions de financement par les banques

Les auteurs de ce Baromètre KPMG / CGPME précisent que, s’agissant des financements en vue d’investissements, les besoins de crédits pour le remplacement ou l’entretien de l’exploitation poursuivent leur hausse et concernent désormais les deux tiers des PME (66 %, +5 points sur trois mois et +17 points sur neuf mois), et même 74 % dans l’industrie et le BTP. Toutefois, les besoins en crédit afin de procéder à des investissements d’innovation ont doublé depuis le baromètre de décembre 2011, avec 28 % des chefs d’entreprise qui assurent vouloir y procéder.
Un petit tiers des dirigeants de PME estiment que la dégradation de la situation économique engendre des impacts négatifs sur les conditions d’accès au crédit. De ce fait, 33 % des dirigeants limitent leurs demandes de financements bancaires. « Elle s’explique aussi par le fait que 73 % des patrons de PME constatent au moins une mesure de durcissement des conditions de financement par les banques, contre 68 % lors des deux précédentes vagues d’enquête. Ces difficultés sont davantage ressenties dans les PME ayant besoin de financer l’exploitation (81 %) et des investissements (83 %). La modalité de durcissement la plus fréquente reste les frais élevés ou les montants plus faibles que souhaités (47 %, +3 points). Les demandes de garanties supplémentaires connaissent une forte hausse (41 %, +8 points). La réduction des crédits ou facilités de trésorerie demeurent moins ressenties (29 %, – 1 point), ainsi que les demandes de co-financement (27 %, -2 points). Les délais d’acceptation des dossiers sont quant à eux cités par un quart des dirigeants (+3 points) », peut-on lire dans l’étude.