Les fusions-acquisitions ont un impact positif sur la productivité de la cible

13 janvier 2015

Isabelle Marie

La thèse selon laquelle la croissance d’une PME serait entravée lorsqu’elle est rachetée par un groupe lors d’une opération de fusion-acquisition n’est pas validée par les études empiriques disponibles. Il s’agit de l’une des principales conclusions qui ressort d’un travail de la direction générale du Trésor intitulé « Quel est l’impact des fusions/acquisitions sur les performances des entreprises rachetées ? ».

Selon l’auteur de ce document, Alexandre Gazaniol, il est au contraire démontré que les PME rachetées par des grandes entreprises, qu’elles soient françaises ou étrangères, bénéficient de gains de productivité à un horizon de quelques années par rapport aux PME demeurées indépendantes. Dans un rapport au Conseil d’Analyse Economique, il est ainsi démontré que les sociétés industrielles françaises acquises par des groupes étrangers deviennent, à un horizon de trois ans, plus productives que les sociétés initialement similaires mais restées à capitaux français.

Le constat est similaire par les entreprises dites « sous LBO ». « Les opérations de LBO auraient globalement un impact positif sur la profitabilité et la productivité des cibles à horizon de quelques années », note l’auteur. Il souligne toutefois que la plupart des études se concentrent sur les opérations ciblant des entreprises cotées, qui ne sont pas nécessairement représentatives ; de plus, certaines études aboutissent à une baisse des dépenses en capital, ce qui pourrait se traduire par une baisse des performances à plus long terme.

Un impact souvent positif sur l’ermploi

L’impact d’une fusion-acquisition sur la productivité d’une entreprise semble donc positif, il en va de même, selon certaines études, en ce qui concerne l’emploi. L’une d’entre elle constate que la valeur ajoutée et l’emploi des industriels français rachetés par un groupe étranger diminuent l’année de l’opération, avant de croître significativement les années suivantes : « au bout de trois ans, les entreprises rachetées emploient davantage que des entreprises initialement comparables mais restées indépendantes », souligne l’étude de la direction générale du Trésor.

Une étude française de 2013 est précise : selon cette dernière, parmi les sociétés indépendantes employant entre 50 et 500 salariés, celles rachetées par un groupe connaissent une progression moyenne positive de l’emploi de 21,7 employés en trois ans, à comparer aux 10 employés supplémentaires pour les entreprises comparables demeurées indépendantes.

Toutefois, d’autres recherches mettent en évidence que l’impact d’une fusion-acquisition sur l’emploi dépend pour beaucoup de la souplesse ou de la rigidité du marché du travail du pays en question. Ainsi, ce type d’opération n’a pas de conséquence, à très court terme, aux Etats-Unis alors qu’elles peuvent générer des destructions d’emplois en Europe. Les conséquences d’un LBO sur l’emploi apparaissent très diverses (positives ou négatives). Soulignons  que l’impact positif sur la croissance de l’emploi concerne surtout les transactions dans laquelle le cédant est une personne physique.