Les experts-comptables aux côtés des dirigeants et repreneurs en difficulté

30 novembre 2012

Isabelle Marie

Chacun sait que le taux de pérennité des entreprises reprises est bon, en tout cas bien supérieur à celui des créations. La CCI de Haute-Savoie, à travers son Observatoire de la création d’entreprise, indique qu’en 2011 le taux de pérennité des entreprises reprises en 2008 s’établit à 75%. A titre de comparaison, le taux de survie à trois ans des entreprises créées en Haute-Savoie s’établissait à 63%. Le taux de survie des reprises est donc supérieur de 16 points à celui des créations. Soulignons qu’il s’agit à ce jour de la seule étude exhaustive sur la reprise à l’échelle d’un département.

Ce taux de pérennité de 75 % à trois ans est similaire au taux au niveau national au vu de différents autres indicateurs, certes plus parcellaires. Cela veut aussi dire qu’environ un quart des reprises sont des échecs. Un chiffre évidemment loin d’être négligeable.
Ces entreprises reprises qui mettent la clé sous la porte connaissent différentes difficultés qui peuvent parfois être gérables à condition qu’elles soient détectées assez tôt. Pour ces dernières, mais aussi pour l’ensemble des entreprises en difficulté, l’ordre des experts-comptables région Paris Ile-de-France (OECPIDF). « Avec plus de 50 000 emplois détruits en France au cours du troisième trimestre 2012 et une hausse de 12% des procédures de sauvegarde durant l'été 2012 par rapport à la même période en 2011, l'OECPIDF est conscient de l'importance d'agir rapidement et de faire valoir sa responsabilité vis à vis du chef d'entreprise qui, bien souvent, n'a pas conscience des difficultés qui peuvent mener à la perte de sa société », souligne l’Ordre.

Un outil d’autodiagnostic simplifié

L’OECPDIF a mis en place différents outils destinés aux professionnels et, par ricochet, aux entreprises. Parmi ces derniers, la cellule ARDev. Elle est composée d’experts-comptables, d’avocats, d’administrateurs judiciaires ou encore de psychologue et sa mission est de répondre aux demandes des experts-comptables dont une entreprise cliente rencontre des difficultés. L’action de cette cellule est menée autour de trois axes : Anticipation, Redresseement et Développement, d’où son nom de cellule ARDev. Cette cellule va également opérer une veille régionale afin d’intervenir en amont et orienter le dirigeant vers la structure idoine comme, à titre d’exemple, le médiateur du crédit ou la CCSF.

L’OECPIDF met aussi à disposition des chefs d’entreprise, sur son site,  un outil d’autodiagnostic simplifié. Ce dernier permet d’analyser la situation d’une entreprise en quelques minutes à travers un questionnaire mettant en évidence les sources ou les origines des difficultés. Selon le résultat, l’outil va préconiser au dirigeant de saisir telle ou telle instance qui sera la mieux à même de lui venir en aide.
Enfin, sur un site dédié à ces problématiques, l’entrepreneur pourra notamment trouver des modèles de rapport lui permettant de saisir directement la CCSF, le tribunal de commerce, les créanciers ou encore le nouveau commissariat au redressement productif. "Plus les dossiers sont traités en amont, plus on arrive à des solutions pérennes pour les entreprises", souligne Françoise Berthon, Présidente de l'Ordre des Experts Comptables région Paris Ile-de-France.