Les défaillances d’entreprises à nouveau en progression en 2013

17 janvier 2014

Isabelle Marie

Un certain nombre de repreneurs s’intéressent aux reprises à la barre. Il faut d’emblée préciser qu’il s’agit d’un exercice périlleux, réservé à des repreneurs aguerris bénéficiant non seulement d’une solide expérience mais aussi de fonds. Bien évidemment, le rachat de la société faillie ne va pas coûter bien cher mais le repreneur devra, dans la plupart des cas, consentir à d’importants investissements afin de redresser la barre.

« Asséchées par une succession de crise depuis 5 ans, de nombreuses entreprises avaient rendu les armes en fin d’année 2012, laissant augurer d’une année 2013 bien compliquée. Le fait est que 2013 a confirmé que les plaies de 2012 n’étaient pas cicatrisées. Le niveau des défaillances d’entreprises reste comparable à celui de 2009, et plusieurs régions et secteurs signent de nouveaux records de sinistralité », analyse Thierry Millon, responsable des études chez Altares.

Les chiffres pour l’ensemble de l’année 2013, qu’Altares vient de dévoiler, sont en effet alarmants. Plus de 63 101 entreprises ont défailli l’an passé, soit une augmentation de 3 % par rapport à 2012. Il s’agit d’un plus haut depuis 2009.

Pas encore assez de procédures de sauvegarde

Altares précise que le tiers des sociétés défaillantes en 2013 n’avaient pas publié de bilan depuis au moins 2010, un « réflexe » qui intervient, dans la grande majorité des cas, lorsque la situation est détériorée. " En panne de cash, les deux tiers des entreprises défaillantes ont tenté de jouer du crédit fournisseur et retarder leurs règlements fournisseurs de plus de 15 jours", poursuivent les auteurs de l’analyse annuelle d’Altares.

Précisons bien que ce total de plus de 63 101 entreprises défaillantes ne correspond pas à 63 101 qui ont fermé leurs portes. Certes un peu plus de 43 000 entreprises ont fait l’objet d’une liquidation judiciaire directe, soit une progression de 4 % par rapport à 2012.  Mais près de 18 500 se trouvent en procédure de redressement judiciaire, ce qui signifie ces dernières peuvent être sauvée même si c’est souvent au prix de nombreux licenciements. Par ailleurs, 1 633 procédures de sauvegarde ont été engagées, soit une hausse de 9 %, ce qui ne représente que 3 % du total des entreprises défaillante.

Les spécialistes du redressement d’entreprise s’accordent à dire que plus l’entreprise arrive tôt devant le tribunal, donc avant que la situation ne soit trop difficile, plus les chances de pérennisation de la structure sont importantes. Certes les procédures de sauvegarde augmentent trois fois plus vite que l’ensemble redressement judiciaire et liquidation judiciaire directe mais il faudrait que les dirigeants d’entreprise en difficulté aient beaucoup plus recours à ces sauvegardes.